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Appel à Projets de Recherche

Dans le cadre de son programme de recherche 2020 – 2030, le CRASC lance un appel à projets de recherche dans les thématiques de recherche prioritaires des divisions de recherche :

Socio-anthropologie de l’histoire et de la mémoire

La société algérienne d’aujourd’hui se pose un certain nombre de questions (plus au moins pertinentes) portant sur son passé et l’impact que ce dernier a pu avoir sur la structuration du présent, ce à quoi des disciplines telles la socio-anthropologie et l’anthropologie historique, l’histoire politique, socio-économique et culturelle et d’autres disciplines, se doivent de contribuer à produire des réponses, autant que possible académiquement fondées. Il ne faudra cependant pas perdre de vue que tout questionnement est lié aux générations qui le mettent en œuvre et que les représentations que l’on se forge du passé sont intimement liées à la nature sociale des sujets qui les postulent, eux-mêmes à la fois façonnés par l’histoire et cherchant à s’ériger en acteurs de cette dernière ; d’où la complexité déjà signalée des rapports entre mémoires et histoire, et la nécessité pour la recherche de s’appuyer sur une méthodologie conséquente et des techniques d’approche élaborées avec le maximum de vigilance. Mais c’est là, le propre de toutes les sciences humaines et sociales (SHS).

Nos recherches devront notamment prendre en ligne de compte le fait que l’émergence de l’État national en Algérie (avec la proclamation de l’indépendance du pays en juillet 1962) constitue une rupture par rapport à une période de colonisation française qui a duré 132 années (soit de 1830 à 1962). Cette indépendance apparait comme une conséquence de luttes et de soulèvements menés dès le XIXème siècle puis à l’activité  du Mouvement national sous sa forme moderne telle qu’elle s’est développée au XXème siècle. Le rapport au passé et à la construction–reconstruction historique marquera en profondeur la société algérienne et ce du fait du traumatisme suscité dans la mémoire nationale par le passé colonial et de la tradition léguée par la culture arabo-musulmane classique qui s’était forgée tout au long de l’époque médiévale en accordant une place importante à la pratique historiographique. Dès les années 1920 et 1930, des intellectuels issus de la tendance de l’Islah (ou mouvement réformiste musulman qui se referait à la Nahda ou Renaissance arabo-islamique des XIXème et XXème siècles), ont apporté leur contribution au Mouvement national en élaborant une histoire nationale qui embrassait toute la période allant de l’antiquité à l’époque contemporaine et donner ainsi une assise importante aux référents de la conscience nationale et de l’idéologie nationaliste. Tout naturellement, l’État national qui voit le jour en 1962 sera amené à faire de la référence à l’histoire sa principale source de légitimation.

Ces préalables se traduiront notamment à partir des débuts de la décennie 1970 par l’institutionnalisation d’une politique d’Ecriture et de réécriture de l’histoire. Il s’agissait en fait d’écrire l’histoire de la Guerre de libération nationale, et de réécrire toute l’histoire du pays antérieure à 1954 en l’expurgeant de toutes les déformations  suscitées par l’historiographie colonialiste. On cherchait à poursuivre ainsi l’œuvre des historiens islahistes, qui eux-mêmes avaient déjà tenté auparavant de réagir au discours de l’historiographie coloniale dominante au XIXème siècle et dans la première partie du XXème siècle, dont le fer de lance était constitué par l’École d’Alger, laquelle tendait à dévaloriser à l’excès le passé des Algériens pour mieux justifier la conquête Française et ses conséquences.

Le rapport au passé colonial et aux formes de résistance mobilisées par la société Algérienne, ainsi qu’au contexte d’émergence de l’État national, s’il est particulièrement prégnant, n’épuise cependant pas la liste des questionnements. Ces derniers s’étendent au passé pré-colonial avec les formations étatiques qui depuis l’antiquité ont pu se succéder à l’échelle locale ou maghrébine, aux interactions civilisationnelles et religieuses qui ont marqué la région, à l’impact sur tout ce qui aura contribué à marquer le legs linguistique et identitaire aujourd’hui, les approches portant sur le patrimoine matériel et immatériel ainsi que les modalités de leurs prises en charge par le système scolaire et les autres institutions culturelles et politiques, de même que dans les projets de société développés par les différents acteurs. L’ampleur de la tâche à laquelle est confrontée l’activité de recherche au vu de l’immense chantier dessiné par ces questionnements (d’ailleurs non exhaustifs), nécessiterait comme nous l’avons déjà signalé des démarches méthodologiques avérées et aussi des choix en termes d’opérationnalité et de priorité.

Aussi, devrons-nous sélectionner des axes de recherche prioritaires auxquels devront, autant que possible, s’articuler les projets susceptibles d’être retenus par le conseil scientifique du CRASC, et encouragés dans leur mise en œuvre, ceci en tachant de ne pas faire double emploi avec ce qui pourrait relever des préoccupations des autres divisions de recherche en activité. L’expérience accumulée depuis ces dernières années par la division de recherche en socio-anthropologie de l’histoire et de la mémoire et des projets dont elle a eu à suivre la réalisation, ainsi que les thématiques mises en valeur dans le PNR « population et société », contribueront aussi à préciser quelques-unes de ces préoccupations prioritaires.

Domaines, axes et thèmes de recherche :

Villes et territoires

Pour mener à bien ces missions, une problématique générale a été élaborée pour cadrer les travaux de recherche. Elle s’articule autour des notions phares suivantes: transformations sociales, politiques publiques, acteurs locaux. En effet, les recherches des sociologues et autres spécialistes en  sciences humaines démontrent largement que la société algérienne a connu, depuis l’indépendance, des transformations sociales multiples sur les plans urbanistique, démographique, économique, politique et culturel. Dans ce processus de transformations, l’Etat figure parmi les acteurs les plus influents : par ses politiques publiques, par sa  réaction -ou non- aux attentes de la population, enfin par ses engagements internationaux économique et politique.

Mais d’autres acteurs sont aussi présents. Si l’Etat avait ses politiques publiques dans différents secteurs, leur mise en œuvre ne peut être qu’au diapason de la société locale et ses acteurs multiples : agents de l’administration locale, citoyens « ordinaires », des « professionnels » de tout genre d’activités, des groupes traditionnels et des « notables », des associations… Tous ces acteurs, répartis sur un territoire national immense et diversifié, ont leurs besoins, leurs aspirations, leurs motivations et notamment leurs stratégies.

En posant comme postulat théorique que l’Etat est un acteur présent avec constance à travers le temps (depuis l’indépendance) et à travers l’espace (sur l’ensemble du territoire national), la question fondamentale qui se pose alors est comment expliquer une action donnée d’un acteur donné (Etat, différents acteurs sociaux) dans un champ où se trouvent d’autres acteurs ayant leurs propres besoins et stratégies? Et quelles recommandations peut-on présenter pour une politique de développement dans le champ étudié?

Dans cette perspective, et au-delà de l’étude relative à l’étalement spatial de la ville, l’intérêt est porté dans cette division sur la réhabilitation du patrimoine notamment urbain produit lors des différents âges de l’histoire algérienne, sur l’extension des nouveaux bâtis dans les zones de périurbanisation et sur la restructuration des activités urbaines. L’intérêt porte également sur les besoins des populations urbaines et de leurs conditions de vie en matière de logement, de travail, de santé… et ce, dans une optique de développement durable.

Aussi, et à l’instar de la ville algérienne, la campagne algérienne a connu elle aussi de grandes transformations, et en premier lieu la baisse du volume de la population rurale sur le plan démographique. Paradoxalement, le monde rural n’a pas suscité un grand intérêt de recherche comme aux années 1970 malgré l’importance stratégique de l’agriculture pour l’économie nationale, voire pour la sécurité nationale.

Enfin, cette division s’intéresse aux populations migrantes, à l’intérieur du pays comme vers d’autres pays étrangers.  Mais la connaissance du phénomène migratoire, aussi bien interne qu’externe, reste bien en deçà de l’attente des chercheurs, des décideurs politiques et de l’opinion publique, ce qui nécessite  de mener des enquêtes régulières et l’établissement de bases de données fiables et actualisées sur les politiques publiques en matière de migration ainsi que  sur les populations migrantes.

Domaines, axes et thèmes de recherche :

Anthropologie de l’éducation et systèmes de formation

La division de recherche en « anthropologie de l’éducation et systèmes de formation » s’intéresse, depuis plus de 20 ans d’activités, à la production du savoir scientifique sur les institutions de socialisation et leurs modes de fonctionnement. Les résultats de recherches sur les différents processus éducatifs institutionnels (familles, écoles universités, emploi…) et leurs acteurs sociaux (enfants, élèves, étudiants, jeunes, femmes, personnes âgées…), basés sur des enquêtes de terrain (nationales,/ locales, quantitatives/ qualitatives) régulières et sur des réflexions théoriques à partir des modèles d’analyse appropriés au contexte de la société algérienne, ne se limitent pas seulement à une accumulation des savoirs scientifiques sur les mutations socioculturelles de notre société, mais elles représentent aussi un moment fondamental pour l’évaluation de l’impact des différentes politiques publiques sur la société.

La pluridisciplinarité des équipes de recherche est un choix stratégique pour appréhender la complexité des phénomènes de socialisation et les enjeux « de la qualité de l’éducation »,
« leurs formes/ contenus institutionnels » et « les logiques des acteurs des professionnels de l’acte éducatif ».

La recherche sur les différents modèles éducatifs institutionnels (Dubet, 2002, 2009) de la prise en charge des processus de socialisation ouvre les perspectives pour analyser les capacités sociales à produire l’action sociale et interroger les mutations de notre société. Dans cette perspective de recherche, la socialisation est un concept clés pour l’ensemble des domaines de recherche dans cette division de recherche, car il représente, selon C. Dubar (1991) « un processus d’identification, de construction identitaire, c'est-à-dire d’appartenance et de relation. Se socialiser, c’est assumer son appartenance à des groupes (appartenance ou référence), c'est-à-dire prendre personnellement en charge ses attitudes au point qu’elles guideront largement sa conduite sans même qu’on s’en rende compte ».

Deux domaines de recherche structurent la réflexion, la production du savoir et l’expertise sur les rapports de la société à l’éducation,  ses enjeux sociétaux et ses finalités, à savoir :

  • Premier domaine : institutions éducatives, acteurs et société. Ce domaine s’intéresse, dans une démarche d’accumulation de production de savoir scientifique, à l’analyse des formes institutionnelles de l’éducation (aspects cognitifs, comportements, aspirations…), l’étude des enjeux et exigences de la qualité de l’éducation (nationale/ territoriale, locale), aux programmes éducatifs et aux « professionnels » des actes éducatifs.
  • Deuxième domaine : mutation de la socialisation, cohésion sociale et enjeux de
    la formation. Ce domaine prendra en charge « la famille, l’éducation familiale, le lien social » pour analyser à la fois, les mutations de la structure familiale en Algérie (rapports de genres, rapports générationnels, division sociale des rôles, formations du lien conjugale…), et ses rapports entre les différentes institutions de socialisation (écoles, universités, formations, institution  « emploi »).

 

Domaines, axes et thèmes de recherche :

imaginaires et processus sociaux

De par son Histoire millénaire et sa situation géographique, l’Algérie se trouve au carrefour de plusieurs paradigmes culturels. Ainsi un ensemble de facteurs historiques ont contribué depuis à marquer la société, entraînant des mutations culturelles profondes, et engendrant un imaginaire fécond, puisant à la fois de la Maghrébinité, l’Arabité, l’Islamité, l’Africanité et la Méditerranéité. S’ajoute à cela, la profusion actuelle des moyens technologiques de l’information et de la communication et les échanges à grande échelle, qui ont remis en cause le statut de ces systèmes.

Les discours, les idéologies, les symboles, les représentations culturelles et les visions du monde, trouvent leur terrain d’expression dans plusieurs moyens de communication, tels les langues et les discours littéraires, les arts, etc. Ces productions imaginaires sont capitales dans la construction des identités car elles modulent les comportements, produisent de nouvelles expressions et concourent aux  interprétations du passé.

La compréhension et l’analyse des significations imaginaires et des pratiques culturelles deviennent aujourd’hui indispensables pour la compréhension des phénomènes culturels qui déterminent la structure de la société, l’ordre qui la régit, la filiation, les structures hiérarchiques, le sens commun, la doxa, les normes et les valeurs qui la fondent. Ce sont là autant de paramètres à mettre en exergue selon les méthodes scientifiques conformes à notre héritage culturel.

Contrairement aux positions de repli et de rejet de l’Autre, il s’agit de promouvoir, autant que possible, des échanges intelligents, avec les autres culturels en introduisant des approches comparatistes. Il faut pratiquer à l’égard de notre propre monde les vertus de l’anthropologie, observer, décrire, interpréter et comprendre les faits et les institutions avec suffisamment de distance et de familiarité pour rendre compte du processus de fabrication de l’altérité qui est au fondement même de l’affirmation de l’identité. Eu égard aux défis imposé par une mondialisation accélérée et face aux tentatives unificatrices de la civilisation universelle, il s’agit aussi de mettre en relief les réponses spécifiques élaborées par notre société. Ainsi, la préservation du patrimoine culturel devient alors pressante.

La division inscrit ses objectifs et ses missions dans un cadre multidisciplinaire et met en œuvre plusieurs acceptions et concepts, tels que : représentations, images, discours, stéréotypes, altérités, pratiques culturelles, pratiques langagières, arts, communications, patrimoines, oralités, écritures, réceptions, systèmes culturels et symboliques. L’approche anthropologique et qualitative en général devient donc incontournable  à la recherche des procédures de construction de sens.

Domaines, axes et thèmes de recherche :

Conditions de recevabilité

Toute proposition de projet de recherche au CRASC doit prendre en ligne de compte ce qui suit :

  • Tout projet soumis doit impérativement mettre en relief les points du canevas de présentation de projet de recherche version arabe ou française, télécharger les fichiers du: [Canevas version Fr : 1. Canevas Fr + 2. Modèle CV], [Canevas version Ar : 1. Canevas Ar + 2. Modèle CV],
  • L’équipe doit être composée d’au minimum trois chercheurs, maximum 5 (avec le chef de projet).
  • Le chef de projet doit être au minimum Maître de recherche ou Maître de conférences.
  • Les membres doivent être au minimum maître de conférences (enseignant chercheur) ou chercheur permanent au CRASC.
  • Les propositions de projets de recherche doivent être envoyées à l’adresse mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. au plus tard le dimanche 20 novembre 2021.

Unités de recherche

- UCCLLA  : Cité Bahi Amar, Bloc A, N°1 Es-Sénia BP 1955 -El M'naouer 31000 Oran, Algerie. Tél / Fax : +213 (0) 41.55.42.48 / E-mail : ucclla @ crasc.dz

- URTT : Cité Bahi Amar, Bloc A, N°1 Es-Sénia BP 1955 -El M'naouer 31000 Oran, Algerie. Tél / Fax : +213 (0) 41.55.42.46 / E-mail : urtt @ crasc.dz

- RASYD : Université de Blida 2, El Afroun, Algerie / E-mail : rasyd @ crasc.dz

-TES : Faculté des Arts et de la culture, Université de constatine 3 constantine, Algerie. E-mail : tes @ crasc.dz

Coordonnées

+213 41 62 06 95
+213 41 62 07 03
     +213 41 62 07 05
     +213 41 62 07 11

 +213 41 62 06 98

contact @ crasc.dz

C.R.A.S.C. B.P. 1955 El-M'Naouer Technopôle de l'USTO Bir El Djir 31000 Oran