Traduction d'ouvrages : « Un espion algérien en Pennsylvanie » de William Prichard et « Brève histoire d’Alger : aperçu sur l’origine de la rupture entre Alger et les États-Unis » d’Evert Duyckinck

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Langues, expressions littéraire et artistique

Problématique

Les courants intellectuels se sont multipliés et les méthodes historiques adoptées dans l’écriture de l’histoire ottomane en Algérie ont connu de profondes fluctuations, de même que les sources ayant documenté cette période. Il est impossible d’ignorer la domination des sources françaises et leur lien étroit avec les archives de l’administration coloniale, ce qui peut engendrer des jugements préconçus ne correspondant pas réellement à la réalité de l’histoire algérienne de cette époque. Cette situation est de nature à éloigner ces travaux de la neutralité et de l’objectivité, difficilement accessibles sous la plume d’auteurs coloniaux nourrissant une hostilité manifeste à l’égard du pouvoir ottoman en Algérie.

Par ailleurs, l’étude de l’histoire des relations de l’Eyalet d’Alger constitue un champ de recherche particulièrement complexe, dans la mesure où la matière historique demeure difficile d’accès en raison de la dispersion des centres d’archives dans plusieurs pays ayant entretenu des relations avec l’Algérie, tels que l’Espagne, Malte, le Portugal, la Grande-Bretagne, la Suède, la Hollande et les États-Unis. À cela s’ajoutent l’absence quasi totale de sources locales sur le sujet, leur rareté en langue arabe, ainsi que l’obstacle linguistique que représentent l’anglais et l’ottoman, contraintes qui poussent de nombreux chercheurs à se replier sur le champ historiographique français.

Il n’est toutefois ni raisonnable ni scientifique de continuer à critiquer l’écriture de l’histoire algérienne entachée d’un prisme colonial sans proposer d’alternatives, de contre-discours ou de travaux équivalents. L’histoire ne peut en effet être écrite qu’à partir de sources multiples, dans un souci de crédibilité de l’analyse et d’intégrité du propos. C’est pour ces raisons que notre choix s’est porté sur ces deux ouvrages, qui n’ont pas encore été traduits, rédigés par des auteurs américains et portant sur la même période, à savoir la période ottomane en Algérie.

Ces ouvrages présentent en outre les limites historiques de l’Algérie avant l’occupation française, décrivent son relief et ses villes, ainsi que certains aspects des comportements des populations et de leurs pratiques quotidiennes. Ils analysent en détail les relations entretenues par l’Algérie avec son environnement européen et méditerranéen, ainsi qu’avec les États-Unis d’Amérique, couvrant tout ce qui relève des domaines commercial, militaire et maritime : échanges de prisonniers, capture et détention de navires de guerre et de commerce — avec mention de leurs noms, équipages et cargaisons —, conclusion de traités de paix, déclarations de guerre, échanges d’ambassadeurs et de consuls, ainsi que le rôle diplomatique des intermédiaires dans les accords de paix et de commerce. Ils proposent également la lecture de certaines correspondances échangées entre les Deys d’Alger et des rois ou chefs militaires de divers États, permettent de retracer les étapes et l’évolution de chacun de ces éléments, et analysent le développement des activités d’espionnage entre l’Algérie et ses adversaires sur plus de deux siècles.

Enfin, ces travaux offrent une représentation de la nature du système de gouvernement en Algérie durant cette période, telle que perçue depuis une perspective américaine, en replaçant l’ensemble dans son contexte international et en examinant si les relations de l’Algérie avec ces États étaient directes ou s’exerçaient par l’intermédiaire de l’Empire ottoman.

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