Traduction de l'ouvrage : l'Algérie d'Ahmed Tewfik El Madani

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Langues, expressions littéraire et artistique

Problématique

Le livre « L’Algérie » d’Ahmed Tewfik El Madani présente, dans une certaine mesure, un parcours détaillé à travers de nombreux champs et étapes de l’histoire de l’Algérie. L’auteur commence cette œuvre érudite en identifiant les principales raisons qui l’ont conduit à la rédiger, principalement liées à l’ignorance des jeunes Algériens de cette époque, cent ans après l’occupation, concernant l’histoire, la nature, les systèmes, les lois, les origines de la population, la condition morale ainsi que la puissance économique de leur pays. Cependant, il ne les blâme pas pour cette ignorance, qui était intentionnellement entretenue par l’occupant.

Ainsi, l’auteur s’est engagé à élaborer son ouvrage pour initier et instruire les jeunes Algériens, notamment sur leur patrie, le pays dans lequel ils vivent et la terre de leurs pères et grands-pères. De plus, il a rassemblé dans ce livre – selon lui – tout ce que chaque Algérien musulman devrait savoir sur l’Algérie, en y incluant les résultats de ses recherches, dans le but de renforcer l’amour des jeunes pour leur patrie, de les inciter à la servir et à la défendre, et de préserver leur identité arabo-algérienne, tout en les encourageant à adopter la devise : « L’Islam est ma religion, l’arabe ma langue, l’Algérie ma patrie. »

L’ouvrage est divisé en quatorze sections.

Première section : « Résumé de l’histoire de l’Algérie, des temps les plus anciens à l’occupation française », comprenant seize chapitres. Le premier chapitre, intitulé « Les Berbères et les communautés cananéennes », traite de l’origine des habitants de l’Algérie, les premiers à avoir colonisé l’Afrique du Nord. Il attribue l’origine des Berbères à des communautés venues d’Asie, pénétrant l’Égypte et la Libye, descendant d’« Arumah Mazigh bin Canaan bin Sam bin Noé ». Ces populations ne se soumettent qu’au pouvoir par la force et de manière réticente ; leur organisation repose essentiellement sur la famille et la tribu, et certaines sociétés, comme les Touaregs, étaient matrilinéaires, où l’autorité paternelle n’était pas reconnue. Ils étaient païens, éleveurs de bétail, vêtus de peaux et de laine d’animaux, se nourrissant de la viande et des produits de leurs terres.

Le deuxième chapitre, intitulé « La domination de Carthage », évoque la contribution des Cananéens à la fondation de Carthage en 480 av. J.-C., dirigée par la princesse Didon, fuyant Tyr avec un groupe d’élite, et fondant la ville avec l’aide des Cananéens de la côte tunisienne. La ville prospéra grâce aux échanges commerciaux et à une armée de mercenaires, mais cela contribua à son affaiblissement ultérieur. Les Carthaginois adoraient Baal, Tanit et Malak, et excellaient dans l’architecture, jusqu’à l’oppression romaine.

Le troisième chapitre, « Les Romains et les Berbères », traite de la guerre entre Romains et Berbères, un conflit de guérilla durant lequel émergèrent des chefs comme Massinissa, Jugurtha et Yuba I. Les traces de la présence romaine demeurent à ce jour à travers les thermes, marchés, nourritures et vêtements.

Le quatrième chapitre, « Les Vandales », traite de l’invasion vandale en 429 avec 80 000 hommes dirigés par Jansariq, détruisant ce que les Romains avaient laissé. Les Berbères approuvèrent ces actions contre les Romains, mais après la mort de Jansariq en 477, la puissance vandale déclina jusqu’en 533.

Le cinquième chapitre, « Les Romains », aborde le retour des Byzantins avec l’empereur Blizar et la chute de l’autorité vandale. L’époque romaine fut plus sombre que celle des Vandales, et la région resta en guerre jusqu’à l’arrivée de l’Islam.

Le sixième chapitre, « La conquête islamique », décrit l’arrivée des Arabes en 667, menés par Abdallah Ibn Saad et Abdallah Ibn al-Zubayr, et leurs victoires contre les Romains et païens, jusqu’à l’établissement d’un État berbère islamique.

Le septième chapitre traite de l’État Rustamide de Tihart, ses fondateurs, ses frontières, son architecture et ses relations avec les pays voisins, jusqu’à son déclin après 136 ans, dirigé par six imams consécutifs.

Les chapitres suivants détaillent :

« L’administration aghlabide », 184-303 AH, avec sa capitale Kairouan ;« L’administration fatimide », déclin et unification de la Tunisie, l’Algérie et le Maroc ;« La ville de M’Sila », sa fondation par Ibn Ubaid Allah al-Mahdi ;« Le grand État des Bani Hammad », sa durée (271 ans) et ses souverains ;« L’administration almohade », fondée par Muhammad ibn Tumart et Abd al-Mu’min ;« L’État des Bani Zayyan », fondé en 672, indépendant en 633 à Tlemcen, et son déclin progressif ;« Espagnols, Turcs et Zayyanides », l’occupation espagnole et portugaise, l’arrivée des Ottomans et leur flotte.

Le quinzième chapitre aborde l’Algérie ottomane, sa marine, la piraterie et les relations avec les puissances européennes, tandis que le seizième chapitre de cette section détaille les relations économiques et militaires avec la France avant l’occupation.

Deuxième section :« Résumé de l’histoire de l’Algérie, de l’occupation française à aujourd’hui », divisée en cinq chapitres :

« Le différend franco-algérien et l’occupation » ;« L’État de l’émir Abd el-Kader » ;« Administration et colonialisme 1830-1870 » ;« Administration et colonialisme 1870-1914 » ;« Administration et colonialisme 1914-1931 », avec la Première Guerre mondiale et le recrutement des musulmans.

Troisième section :« Situation littéraire et scientifique de l’Algérie », retraçant les apports scientifiques et littéraires de chaque période, de l’Antiquité à la renaissance arabe contemporaine.

Quatrième section :« Les habitants de l’Algérie », décrit les groupes berbères, leurs origines, tribus, coutumes, morale, et les populations arabes, turques et noires.

Cinquième section :« L’élément arabe en Algérie », recensement des tribus arabes et leur distribution géographique.

Sixième section :« Les autres éléments en Algérie », incluant les Juifs, leur histoire, leur intégration et leur rôle sous l’occupation.

Septième section :« Géographie générale de l’Algérie », études générales, détaillées par préfectures et recensement de 1931.

Huitième section :« Villes et villages importants », description scientifique, culturelle et économique.

Neuvième section :« Gouvernement central et administrations publiques », comprenant la division civile et militaire, l’administration, l’emploi, les municipalités et la gestion des terres du sud.

Dixième section :« Conseils élus », description des conseils municipaux, de districts et professionnels.

Onzième section :« Éducation générale », taux d’alphabétisation, institutions, langues et programmes scolaires.

Douzième section :« Système judiciaire », comprenant législation, corps officiels, droit indigène et droit islamique.

Treizième section :« Statut des musulmans », droits, devoirs, discrimination, conditions sanitaires, rôle des femmes et déclin culturel.

Quatorzième section :« Situation économique générale », étude de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, des mines, de l’industrie, du commerce, et des transports.

L’auteur conclut en réaffirmant son engagement à instruire les jeunes sur leur patrie, son histoire, sa science, sa culture et son identité, les exhortant à préserver leur héritage et à œuvrer pour la liberté et l’indépendance de l’Algérie.

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