Manifestation scientifique

Les ressort sociaux du vote d’extrême droite dans la France contemporaine
Les ressort sociaux du vote d’extrême droite dans la France contemporaine
Type
Conférence
date
11/01/2026
heure
14:00
lieu
CRASC
Division socio-anthropologie de l'histoire et de la mémoire
Thématique :
Histoire et rapport à la mémoire nationale
Mots-clés :
citoyenneté France histoire migration sociale
Résumé
L’analyse socio-historique des conditions d’émergence et de consolidation de la politique de logement social à destination des Français musulmans d’Algérie puis des étrangers vivant en « isolés » en France dans la deuxième moitié du XXe siècle met en évidence un processus d’institutionnalisation. En croisant un matériau empirique hétérogène (archives publiques et privées, entretiens et observation) qui couvre l’ensemble de la période, cette recherche entend rendre compte de la « problématisation » du logement des migrants « isolés » en foyers par les agents de l’État. En jetant un regard nouveau sur la naissance de la Sonacotra au cœur de la guerre d’Algérie, elle montre d’une part comment cette problématisation contribue à faire exister durablement les foyers comme des lieux appropriés non seulement au contrôle des résidents mais également à leur éducation et à leur socialisation aux normes de la société française. À ce propos, on souligne le rôle central joué par les catholiques sociaux dans ce processus. Le logement en foyers tend parallèlement à se doter d’un fort degré d’objectivation au cours des années 1960, à la faveur de la standardisation de ses formes architecturales et de la bureaucratisation de l’entreprise mais aussi de l’homogénéisation de ses modes spécifiques de gestion – le « paternalisme autoritaire » –, hérités en partie de l’ère coloniale. L’analyse met d’autre part en évidence les tentatives de re-problématisation du logement social par les résidents des foyers dans les années 1970, à l’occasion d’un mouvement social d’envergure (la « grève des loyers ») que l’on a interprété comme une « mobilisation institutionnelle improbable ». L’examen du processus de mobilisation et des trajectoires militantes montre notamment la dépendance des modes d’action et des ressources constituées pour la lutte à l’égard du « travail » de l’institution elle-même. En prolongeant l’investigation jusqu’à la période contemporaine, on s’intéresse ainsi plus largement aux modalités d’incorporation de dispositions spécifiques à l’espace du foyer et aux formes de survivance de la réalité institutionnelle à travers le temps.
Participants
Choukri HMED
Choukri HMED
conferencier
Biographie
Professeur de sociologie à l'Université Paris Cité et chercheur au Centre Philépol (URP 7538), Campus Saint-Germain-des-Prés. Il occupe le poste de directeur adjoint du Groupement d’Intérêt Scientifique (GIS) Moyen-Orient et Mondes Musulmans (UAR CNRS 2999), Études aréales, où il est responsable du projet prioritaire de décloisonnement des études françaises sur le Maghreb.
Ses travaux de recherche portent sur la sociologie historique de l'État, la sociologie des mouvements sociaux, les crises politiques et les révolutions, particulièrement dans le monde arabe. Il s'intéresse également à la sociologie des politiques économiques et agricoles ainsi qu'à la sociologie des migrations. Il a récemment publié le chapitre « Le Printemps arabe : soulèvements ou révolutions ? » dans l’ouvrage collectif Une histoire globale des révolutions du XIXe au XXIe siècle (Éditions La Découverte, 2023), et a co-dirigé avec Antoine Perrier le Livre blanc des études maghrébines en France (Éditions Maison Solide, 2023).
Ses recherches actuelles se concentrent sur les réformes des subventions publiques aux produits de base et sur la politique agricole en Tunisie.
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Les ressort sociaux du vote d’extrême droite dans la France contemporaine
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