Manifestation scientifique

L’école en Algérie aujourd’hui : enjeux des manuels scolaires, des écoles privées et des cours de soutien
L’école en Algérie aujourd’hui : enjeux des manuels scolaires, des écoles privées et des cours de soutien
Type
Séminaire National
date
15/06/2026 - 16/06/2026
heure
09:00
lieu
CRASC
Division anthropologie de l'éducation et systèmes de formation
Thématique :
L’école et ses acteurs
Mots-clés :
Algérie compétence école éducation évaluation formation manuel scolaire Oran
Résumé
Le séminaire national « L’école en Algérie : enjeux des manuels scolaires, des écoles privées et des cours de soutien » s’appuie sur des études de terrain et des débats menés dans le cadre des projets de la Division de recherche sur l’anthropologie de l’éducation et les systèmes de for-mation.
Le premier axe de cette manifestation traite du contenu des manuels scolaires dans les disci-plines des sciences sociales et humaines, de l’évolution de leurs thématiques et des tensions qu’elles ont suscitées entre les différents acteurs, au sein et en dehors du système éducatif.
Le deuxième axe aborde les écoles privées relevant de l’éducation nationale (acteurs, publics, demande sociale, rapport public/privé, etc.), ainsi que les modalités de leur création et de leur développement à l’échelle locale.
Quant au troisième axe, il s’intéresse au phénomène des « cours de soutien parallèles » ou cours particuliers, à leurs formes, à leurs causes, ainsi qu’aux positions officielles et sociétales à leur égard.
- Premier axe : Les manuels scolaires dans les disciplines des sciences sociales et humaines : contenus et enjeux
Si l’on examine les principales thématiques ayant structuré le contenu des manuels de langues, de sciences sociales et de sciences humaines aux différents cycles scolaires, on constate qu’elles s’articulent autour de plusieurs dimensions : l’identité nationale, la langue, la culture et le patrimoine local, le discours mémoriel, le colonialisme et la guerre de libération nationale, la construction de l’État et le renforcement du sentiment d’appartenance, la modernisation et les problématiques du développement, les enjeux mondiaux et les relations régionales, sans oublier les questions relatives à la citoyenneté, aux droits de l’homme, à la diversité culturelle, à la protection de l’environnement, à la démocratie, à la tolérance, à l’égalité et à la pensée critique..
On observe, selon les périodes, une diversification plus ou moins importante des thèmes abordés, marquée par des avancées dans certains domaines et des reculs dans d’autres. De nombreux débats, voire des tensions, apparaissent également autour de questions telles que la hiérarchie des langues nationales et étrangères, le récit national et les mémoires locales, les valeurs religieuses, la culture mondiale et la modernité technologique, les questions de genre et les discours sur l’égalité, ainsi que les contenus des textes littéraires, philosophiques et religieux. À cela s’ajoutent les divergences relatives aux limites de la stimulation de la pensée critique et à la préférence accordée aux compétences de compréhension plutôt qu’à la mémorisation dans les pratiques pédagogiques mises en œuvre à travers les contenus des manuels scolaires.
Sur la base de ces constats, il nous paraît pertinent de revenir sur l’évolution des thématiques abordées dans ces manuels, ainsi que sur les enjeux et les débats, tant épistémologiques que sociopolitiques, suscités par le choix de certains contenus. Cette réflexion ouvre également une perspective comparative permettant d’interroger les tournants majeurs qu’ont connus les contenus scolaires dans les espaces maghrébins, africains et méditerranéens à travers ce type de supports pédagogiques.
Dans cette perspective, cet axe propose d’aborder les questions suivantes : comment les thématiques des sciences sociales, des sciences humaines et des langues ont-elles évolué à l’école à travers les contenus des manuels scolaires ? Quelles sont les caractéristiques du discours pédagogique dans ces disciplines ? Quel rapport entretient-il avec les transformations locales et les répercussions des changements mondiaux ? Quels enjeux épistémologiques, pédagogiques et socioculturels ont marqué le contenu de ces manuels ? Quelles sont les modalités d’adoption de ces ouvrages et les critères de leur évaluation ? Quels sont les principaux débats et réserves suscités par leurs contenus et ayant provoqué des polémiques entre différents acteurs et élites ? Enfin, quels sont aujourd’hui les nouveaux défis auxquels est confrontée l’industrie du manuel scolaire dans le contexte des transformations numériques et des nouvelles formes d’apprentissage interactif ?
- Deuxième axe : les écoles privées en Algérie : acteurs, enjeux de fondation et modes de gouvernance
Cet axe porte sur les écoles privées, qui constituent une nouvelle forme d’établissement d’enseignement et suscitent un intérêt croissant de la part des familles ayant renoncé à l’enseignement gratuit proposé par l’école publique. Les statistiques montrent en effet une augmentation continue de leur nombre. Alors qu’elles étaient peu nombreuses au lendemain des décrets et des décisions encadrant leur création en 2004-2005, et concentrées dans quelques grandes wilayas, elles se sont progressivement développées pour atteindre environ 680 établissements au cours des deux dernières années.
Le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle a déjà supervisé plusieurs études consacrées à ce type d’établissements, notamment le projet national de recherche (PNR) intitulé « L’enseignement privé en Algérie : réalités et perspectives » (2012-2013), ainsi que le projet de recherche institutionnelle « Les écoles privées d’éducation nationale : sélectivité et qualité de la formation » (2020-2024). Les résultats préliminaires de ces recherches ont révélé des formes de sélectivité et d’hétérogénéité au sein de ces établissements. Cette hétérogénéité apparaît aussi bien dans les parcours et profils des acteurs — fondateurs, gestionnaires et enseignants — que parmi les élèves et leurs familles. Nous faisons l’hypothèse que cette sélectivité est principalement déterminée par les origines sociales et culturelles, ainsi que par les orientations intellectuelles et idéologiques des différents acteurs concernés.
Nous abordons cette question à partir du constat que les études menées à l’échelle nationale sur l’essor des écoles privées demeurent encore limitées en raison du caractère relativement récent de cette évolution. Les recherches existantes se sont principalement intéressées au cadre réglementaire et juridique de ces établissements, aux règles qui les régissent, au degré de satisfaction des parents d’élèves ainsi qu’à leur relation avec les transformations sociales et culturelles.
Dans ce cadre, ce volet se propose d’examiner les différentes formes que prennent aujourd’hui les écoles privées en Algérie afin de mettre en lumière les dynamiques qui sous-tendent leur émergence et leur expansion géographique, les facteurs de réussite ou d’échec de certaines expériences, les enjeux liés à leur gouvernance, ainsi que les modèles pédagogiques qui orientent le choix de ces établissements.
- Troisième axe : les cours de soutien et les cours particuliers : l’autre visage de l’éducation et de l’enseignement en question
Le troisième axe porte sur la question des cours de soutien et des cours particuliers en Algérie. Il s’intéresse aux processus de constitution de leur « caractère structurel », devenu aujourd’hui une caractéristique marquante de l’ensemble des cycles de l’éducation et de l’enseignement dans le pays, bien que selon des intensités et des configurations sociologiques variables. Les observations de terrain révèlent en effet une pluralité de formes de ce phénomène, qui se dis-tinguent tant par les initiatives individuelles que par les modalités institutionnelles qui les en-cadrent, ainsi que par la nature de leur suivi, en présentiel ou à distance.
Nous considérons que le phénomène des cours particuliers met en lumière certaines des trans-formations profondes que connaît aujourd’hui le système éducatif algérien et auxquelles l’école publique se trouve confrontée. Il interroge notamment des notions centrales telles que l’équité éducative, la gratuité de l’enseignement, la conception de l’éducation comme service public ou encore comme mission sociale. Cette problématique apparaît avec une acuité particu-lière lorsqu’elle est associée à la réussite scolaire et à sa qualité, lorsqu’elle est envisagée comme un espace de rattrapage pédagogique, ou encore lorsqu’elle se transforme en méca-nisme éducatif et social jugé « indispensable » dans les logiques contemporaines de concur-rence scolaire. Les résultats académiques, qui conditionnent largement les trajectoires de for-mation et les débouchés professionnels — notamment dans le cas des titulaires du baccalau-réat — en constituent un indicateur significatif. Au-delà de ces dimensions, le caractère struc-turel du phénomène offre également un cadre pertinent pour interroger les relations entre la société, l’éducation et l’institution scolaire dans un contexte marqué à la fois par les transfor-mations générationnelles et par l’essor du numérique.
Ce caractère structurel, qui fait aujourd’hui l’objet de nombreux débats scientifiques fondés sur des enquêtes empiriques, soulève plusieurs interrogations majeures : comment expliquer et comprendre la structuration de ce phénomène ? Quels sont les indicateurs qui permettent d’identifier la demande sociale émanant des différents acteurs concernés ? Comment appré-hender ses effets sur l’analyse de notions opératoires qui nourrissent les débats contemporains autour de la qualité de l’enseignement dans l’école publique, de l’équité éducative, des besoins pédagogiques des élèves, du marché parallèle des cours particuliers, des inégalités éducatives entre groupes sociaux ou encore des compétences professionnelles des acteurs de l’éducation ?
Le phénomène constitue également une entrée privilégiée pour examiner la nature, l’évolution et les recompositions du « pacte social » qui a historiquement permis l’ascension sociale par le biais de l’école publique gratuite et offert à ses bénéficiaires des perspectives de mobilité pro-fessionnelle. Si certaines recherches (Darras, 2014) soulignent que certaines formes de réussite sociale ne sont plus nécessairement corrélées à la réussite scolaire — comme en témoigne no-tamment la crise de l’emploi qualifié chez les jeunes diplômés universitaires —, comment ex-pliquer alors l’augmentation continue de la demande de cours particuliers ? Comment com-prendre l’expansion de ce marché parallèle de l’éducation ?
Il convient de rappeler que ce phénomène, parmi d’autres, a déjà fait l’objet de rapports offi-ciels et de propositions ministérielles visant à apporter des réponses à la fois réglementaires et pédagogiques afin de faire face à certaines difficultés du système éducatif, notamment l’abandon progressif de la fréquentation des établissements scolaires publics et le phénomène des absences dans les classes d’examen.
Conçu sous la forme d’un atelier de réflexion et de discussion, le troisième axe vise à pour-suivre le débat scientifique autour de cette question et à interroger ses différents acteurs afin de mieux comprendre les transformations de longue durée qui affectent les relations entre l’école, la famille et la société en Algérie. Nous estimons que les échanges scientifiques fondés sur la diversité des approches théoriques et conceptuelles ainsi que sur les comparaisons inter-nationales constituent une opportunité majeure pour élaborer de nouvelles perspectives de re-cherche, notamment à travers la conception de projets d’enquête de terrain capables de pro-duire des données actualisées, rigoureuses et professionnelles sur ce phénomène. Une telle démarche permettrait de l’analyser et de l’interpréter au-delà des discours du sens commun, souvent davantage producteurs d’approximations que de connaissances scientifiques.

Coordination : Fouad NOUAR - Djilali ELMESTARI – Abdelwahab BELGHERRAS – Mustapha MEDJAHDI – Hind BOUAGADA
Participants
Mustapha HADDAB
Mustapha HADDAB
intervenant
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Relations entre les facteurs morphologiques et les facteurs culturels dans la qualité des enseignements : cas des manuels de langue du secondaire
Le thème de l'amélioration de la qualité de l'enseignement est fréquemment évoqué dans les discours sur l’éducation, le plus souvent sous des formes sommaires ou ambigües. Je tente de développer une analyse critique de ce thème, en distinguant les facteurs qui conditionnent cette aspiration à un enseignement efficient, selon le degré de leur efficacité. J'examine plus particulièrement le cas de la valeur pédagogique des manuels de langue et littérature arabes du secondaire, en m'interrogeant sur l'agencement, le choix et la présentation des textes qu'ils contiennent et sur le rapport à la littérature et à la culture ainsi proposé aux apprenants.
Biographie
Professeur des Universités, retraité. Il a assuré pendant de nombreuses années des enseignements de philosophie, de psychologie sociale, et de sociologie de l'éducation et de la culture ; Il a été membre du conseil scientifique du CRASC et de l’INRE ; ses travaux de recherche portent sur des questions de sociologie culturelle et de sociologie de la connaissance.
Nouria BENGHABRIT REMAOUN
Nouria BENGHABRIT REMAOUN
intervenant
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Cours privés de soutien scolaire : un phénomène social aux conséquences multiples
Dès les lendemains de l’indépendance, l’Etat se lance dans un processus de scolarisation massif, atteignant en 2026, 98% d’une classe d’âge avec une scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans. Cette longue histoire de la massification n’est plus appréhendée aujourd’hui uniquement à partir des taux d’accès mais aussi à partir du nombre d’élèves perdus en cours de route avec un taux d’achèvement au primaire de 94,5% au moyen de 68,5% et au secondaire de 46,4% (MICS6 Algérie, enquête par grappe à indicateurs multiples, 2019). La normalité qui s’est progressivement imposée dans les familles, c’est d’avoir une scolarité de base jusqu’au moyen, de souhaiter entrer au lycée, et enfin à l’université.
Les échecs, le décrochage, la démobilisation scolaire, le désinvestissement scolaire voire la rupture scolaire, quel que soit la dénomination usitée, rendent comme incontournable le soutien scolaire. Le recours au marché privé informel et institutionnel des cours de soutien scolaire, réservé jadis aux classes d’examens, s’est étendu à tous les paliers, tous les niveaux et à des matières diversifiées. Aux dénominations diverses, cours supplémentaire, complémentaires, particuliers, privés, remédiation, … la « clientèle » se répartie entre ceux et celles qui souhaitent une amélioration de leur performance scolaire, palier à quelques difficultés dans certaines matières ou de maintenir la mobilisation scolaire. Quel qu’en soient les usages, la problématique des registres d’action multiformes mobilisés contribue à mettre en question des modes fonctionnement de l’école, en tant qu’institution publique dans sa mission fondamentale d’égalité des chances, à réinterroger les modes d’évaluation et enfin interpelle la formation des enseignants.
Trois points seront abordés dans cette introduction au débat : le premier, Les réalités de ce phénomène lucratif des cours de soutien scolaire en plein essor, le deuxième, Les évaluations nationales et internationales des apprentissages et leurs résultats, le troisième, Les modalités d’actions publiques imaginées pour contrer, contourner voire bloquer ce phénomène.
Biographie
Sociologue, Dr en sciences de l'éducation (Paris V, Sorbonne). Ancienne directrice du CRASC (1992-2014) et Ministre de l'Éducation nationale (2014-2019).Elle a dirigé plusieurs projets de recherche et d'expertise sur l'université, les étudiants, l'école, la petite enfance, les jeunes et les femmes, en consacrant à ces thématiques plusieurs écrits et communications.
Mina TOUNSSI
Mina TOUNSSI
intervenant
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Histoire des manuels scolaires algériens : conception, élaboration et évaluation
L’objectif de cette communication est d’apporter un éclairage sur les différentes étapes de la conception et de l’élaboration des manuels scolaires algériens et ce sur la base des documents archivés au niveau de l’INRE (ex IPN). Ce travail de mémoire, en lien avec les différentes réformes du système éducatif et l’évolution des programmes, met en lumière : les institutions concernées par l’élaboration, les personnels engagés et les outils développés en la matière de 1962 à la période actuelle. L’évaluation des manuels scolaires et leur homologation représente un volet plus récent car les modalités d’adoption de ces ouvrages et les critères de leur évaluation n’ont été mis en place qu’à partir de 2003 avec l’entrée en vigueur de la réforme de l’éducation.
C’est en termes de dispositifs d’élaboration, de procédés d’évaluation, d’actions de formation et de choix méthodologiques au plan conceptuel que se déroulera notre présentation pour s’interroger, enfin, sur la durabilité des manuels scolaires et sur leur « durée de vie » face à l’usage des outils numériques.
Biographie
Inspectrice de l’Education et membre du Conseil National des Programmes depuis décembre 2021. Elle était chef de département de la documentation et banque de données à l’Institut Na-tional de Recherche en Education (INRE) (1994- 2003), membre du GSD (groupe spécialisé de discipline) de français de 2002 à 2016 pour l’élaboration des programmes sous l’égide de la Commission Nationale des programmes. Elle est auteure de manuels scolaires et parascolaires.
Farid BENRAMDANE
Farid BENRAMDANE
intervenant
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Comment le cahier des charges pédagogique des nouveaux manuels scolaires algériens a fait de l’«algérianité » un principe stratégique de structuration des contenus éducatifs ?
Cette contribution propose une réflexion sur la place centrale du concept d’algérianité dans la conception et la structuration thématique des manuels scolaires algériens, basée sur l'examen du cahier des charges pédagogique régissant leur conception, leur évaluation et leur agrément.
L'analyse part de l'idée que les réformes pédagogiques récentes ont lentement fait évoluer le rôle du manuel scolaire d'un simple outil didactique à celui de moyen stratégique de gouvernance éducative, culturelle et identitaire.
L’hypothèse défendue est que l’algérianité ne relève plus uniquement du registre symbolique ou idéologique, mais constitue désormais une véritable matrice curriculaire organisant la sélection des contenus, les choix textuels, les référents culturels, les situations d’apprentissage ainsi que les modalités de contextualisation pédagogique. Cette approche se traduit par l'importance accordée aux écrivains algériens, au patrimoine du pays, à la mémoire partagée, aux personnalités historiques, aux références socioculturelles locales ainsi qu'aux diverses expressions linguistiques et culturelles caractéristiques de la situation algérienne.
À travers une approche croisée mobilisant l’analyse curriculaire, la didactique des langues et des cultures, l’analyse du discours institutionnel et l’onomastique, cette contribution analysera les logiques de structuration des contenus scolaires dans les manuels actuels ainsi que les enjeux qui les traversent : articulation entre ouverture universelle et ancrage national, entre innovation pédagogique et cohésion identitaire, ou encore entre contextualisation culturelle et standards internationaux de qualité éducative.
L'objectif de cette recherche est d'examiner les nouvelles fonctions du manuel scolaire dans l'Algérie actuelle, perçue comme un espace stratégique de fabrication des savoirs, des représentations et de l’appartenance nationale.
Biographie
Farid BENRAMDANE est Professeur de l'enseignement supérieur en sciences du langage, spécialiste en onomastique (science des noms propres), ancien doyen de Faculté (lettres et arts). Expert en toponymie et représentant de l'Algérie aux Conférences internationales sur la normalisation des noms géographiques (ONU), il est également fondateur de l'Unité de recherche sur les systèmes de dénomination en Algérie (RASYD/CRASC). Auteur et directeur de nombreuses publications sur les systèmes de dénomination en Algérie, il est le Président de la SASO (Société algérienne savante d'onomastique).
Nadjat LAHDIRI
intervenant
Biographie
Directrice de recherche au Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC) d’Oran (Algérie), elle est spécialisée en sciences de l’information et de la communication. Ses travaux portent sur les études médiatiques et communicationnelles, tant dans leurs dimensions traditionnelles que numériques, en mobilisant des approches historiques, politiques, sociologiques et anthropologiques. Elle dirige actuellement un projet de recherche institutionnel au sein du CRASC intitulé : « Dictionnaire des personnalités et des événements en Algérie durant la période 1945-1954 : presse, santé et enseignement ». Dans le cadre d’un précédent projet de recherche mené au sein du même centre, elle s’est intéressée à l’évolution des thématiques abordées dans les manuels de langue amazighe aux cycles de l’enseignement moyen et secondaire. Ses recherches s’inscrivent ainsi à l’intersection des études médiatiques, des politiques linguistiques et des ques-tions éducatives en Algérie.
Nabila BOUKRI
Nabila BOUKRI
intervenant
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L’évolution des manuels scolaires de langue amazighe dans les différents cycles de l’enseignement en Algérie : continuités et mutations
L’enseignement de la langue amazighe a été introduit dans les différents cycles scolaires algériens au cours des années 1990. Cette introduction visait la consolidation de l’identité culturelle nationale, et le renforcement des valeurs de citoyenneté, ainsi qu’à promouvoir les spécificités locales et les valeurs qui caractérisent la société algérienne.
Les manuels scolaires de langue amazighe se distinguent par une diversité de formes et de contenus, tout en demeurant en adéquation avec les évolutions des programmes éducatifs et les réformes pédagogiques successives. L’une de leurs principales caractéristiques réside dans la richesse et la diversité des thématiques abordées, couvrant des domaines tels que : la culture, la géographie, l’histoire, … Ils proposent également des contenus permettant de faire connaître, de manière relativement exhaustive, les différentes régions de l’Algérie, leur diversité culturelle, leurs caractéristiques géographiques et leurs spécificités locales.
Parallèlement, ces manuels accordent une place importante à l’apprentissage de l’alphabet amazigh, à l’acquisition du vocabulaire, à la construction des phrases et des para-graphes, ainsi qu’aux différentes formes d’expression orale et écrite en langue amazighe. Ils sont généralement accompagnés d’un glossaire simplifié destiné à expliciter les termes difficiles et sont enrichis d’illustrations, de dessins et d’autres supports visuels favorisant la compréhension et l’apprentissage. Cette communication propose une analyse de l’évolution des contenus des manuels scolaires de langue amazighe dans les différents cycles de l’enseignement en Algérie. Elle vise à mettre en évidence les éléments de continuité qui les caractérisent, tout en identifiant les transformations et les mutations qui ont marqué leur développement au fil des réformes éducatives.
Biographie
Chargée des études et de la synthèse au sein du Conseil national des programmes relevant du ministère de l’Éducation nationale, elle est également ancienne inspectrice de la langue anglaise dans l’enseignement moyen. Elle a été membre de la commission spécialisée de la langue anglaise, au sein de laquelle elle a contribué à la conception des programmes d’enseignement de l’anglais ainsi qu’à l’élaboration des documents pédagogiques d’accompagnement. Elle a également participé à la conception des manuels scolaires de l’enseignement moyen et des guides pédagogiques associés. Forte d’une expérience dans le domaine de la formation et de l’encadrement pédagogiques, elle a exercé en tant que consultante et formatrice internationale en méthodes d’enseignement modernes auprès de plusieurs organisations internationales, notamment l’UNICEF, l’UNESCO et le British Council
Lila MEDJAHED
Lila MEDJAHED
intervenant
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Le manuel scolaire de français langue étrangère en Algérie : enjeux de conception, contextualisation didactique et appropriation pédagogique
Notre intervention s’inscrit dans le premier axe de la rencontre, consacré aux contenus et aux enjeux des manuels scolaires dans les disciplines linguistiques et humaines. Elle propose une réflexion sur le manuel scolaire de français langue étrangère en tant que support didactique et institutionnel participant à la transmission des savoirs savants, un savoir-faire et un savoir-agir dans le contexte plurilingue. Sa conception mobilise plusieurs acteurs : didacticiens, inspecteurs, enseignants et illustrateurs, et exige une réflexion approfondie sur les compétences visées, les contenus culturels et les approches pédagogiques.
le processus de sa conception a pris en compte les paramètres suivants : la mise en valeur de la question de l’algérianité, la prise en charge d’un public hétérogène (les quatre régions du pays), le plurilinguisme et le poids des traditions didactiques en éducation nationale. Le manuel national s’adresse à des publics hétérogènes issus des différentes régions du pays, entre espaces urbains, ruraux et sahariens, où les rapports à la langue française diffèrent fortement. La question du statut du français entre langue seconde et langue étrangère constitue ainsi un enjeu central dans le choix des contenus et des progressions pédagogiques.
La contribution abordera également l’importance des traditions didactiques existantes et les écarts pouvant apparaître entre les intentions des concepteurs et les pratiques réelles de classe. Elle montrera que le manuel scolaire n’est efficace que s’il fait l’objet d’une appropriation pédagogique et d’une formation spécifique des enseignants à son usage. Enfin, cette réflexion interrogera les nouveaux défis auxquels fait face le manuel scolaire dans le contexte des transformations numériques et des nouvelles formes d’apprentissage interactif.
Biographie
Professeure à l’université de M'Hamed Bougara, Boumerdès. Directrice du laboratoire teclang: technolectes en milieu universitaire, ingénierie de la formation / ingénierie pédagogique et conception d'outils didactiques en langues nationales et étrangères (umbb). Responsable de la spécialité master littérature et civilisation. Membre fondatrice de la société algérienne savante d'onomastique (saso), Algérie et conceptrice des manuels scolaires de langue française.
Fatiha BELASLA
Fatiha BELASLA
intervenant
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Les manuels d'éducation civique en Algérie : Une lecture de l'évolution des thèmes et des contenus
L’enseignement de l’éducation civique occupe une place importante au sein du système éducatif algérien, en raison de son rôle dans l’ancrage des valeurs de citoyenneté et le développement de la conscience sociale et civique chez les apprenants, ainsi que de sa contribution à l’accompagnement des transformations politiques, sociales et culturelles qu’a connues la société algérienne. Les manuels scolaires d’éducation civique constituent ainsi des supports pédagogiques essentiels reflétant les orientations des réformes éducatives et l’évolution des enjeux cognitifs et pédagogiques au sein de l’école algérienne.
Cette étude vise à proposer une lecture de l’évolution des thèmes et des contenus des manuels d’éducation civique en Algérie durant la période allant de 2003 à 2023, à travers l’identification des transformations ayant touché leurs contenus ainsi que l’analyse des problématiques et des valeurs mises en avant au cours des différentes phases de la réforme éducative.
L’étude s’appuie sur l’analyse de contenu afin de suivre l’évolution des thématiques de l’éducation civique et d’analyser leur structure cognitive et axiologique. Elle se fonde également sur un corpus de manuels algériens d’éducation civique appartenant aux première et deuxième génération, dans le but de mettre en évidence la nature des transformations qu’ont connues ces manuels.
Biographie
Professeure de l’enseignement supérieur, elle est chargée de l’enseignement de différentes unités en psychologie et en pédagogie au sein du département de langue française de l’École normale supérieure des lettres et des sciences humaines de Bouzaréah. Elle est également professeure as-sociée dans les départements de psychologie et des sciences de l’éducation à l’Université d’Alger 2 ainsi qu’à l’Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou. Elle est l’auteure de plusieurs ou-vrages individuels et collectifs en langues arabe et française dans les domaines de la psychologie et des sciences de l’éducation. Son dernier ouvrage, consacré à la « didactique », a été publié par l’Office des publications universitaires en 2025.
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Le contenu religieux dans les manuels d’éducation islamique en Algérie : enjeux du discours entre l’école et les espaces extra-scolaires
Cette communication analyse les enjeux du contenu religieux des manuels d’éducation islamique en Algérie, à travers les discours religieux scolaire et ses rapports avec les espaces extra-scolaires, producteurs de sens religieux. Le manuel d’éducation islamique de l’éducation nationale ne constitue pas uniquement un support pédagogique de transmission des connaissances doctrinales, juridiques et morales; il représente également un support fondamentale de la socialisation et religieuse, contribuant à la construction de représentations spécifiques de la religion, du rapport à soi et à autrui, ainsi que des formes d’appartenance sociale et nationale.
L’hypothèse principale de cette contribution considère que le discours religieux scolaire ne détient plus le monopole de la formation de la conscience religieuse des apprenants, notamment dans un contexte marqué par l’influence croissante d’espaces extra- scolaire parallèles. Ces espaces englobent les institutions traditionnelles de socialisation, les plateformes de réseaux sociaux, les nouveaux acteurs religieux ainsi que les applications d’intelligence artificielle générative, qui jouent désormais un rôle de médiation dans l’accès aux connaissances religieuses, à l’interprétation et même à l’orientation normative auprès des jeunes générations. Cette réflexion cconsidère que l’enjeu principal des manuels ne réside plus dans le contenu des savoirs religieux dispensés à l’école, mais également dans la capacité de l’institution éducative à élaborer un discours religieux à visée pédagogique, capable d’entrer en dialogue avec les mutations sociales contemporaines. Un tel discours devrait favoriser une socialisation religieuse critique et équilibrée, apte à assurer une médiation entre la référence religieuse institutionnelle et la pluralité des sources d’influence extérieures à l’école.
Biographie
Directeur de recherche au Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC) d’Oran (Algérie), il est spécialisé en philosophie religieuse. Il a également exercé les fonctions de directeur du même centre (2017–2021) ainsi que de directeur de l’Institut national de recherche en éducation relevant du ministère de l’Éducation nationale (2016–2017). Il a en outre été expert en recherche dans le cadre du projet de transfert des connaissances auprès de l’Autorité de la culture et du patrimoine du Bahreïn (2014–2015). Ses travaux portent principalement sur le dis-cours religieux, la question éducative et la citoyenneté en Algérie. Il est l’auteur d’environ trente articles scientifiques publiés dans des revues internationales et algériennes, ainsi que dans des ouvrages collectifs, et a participé à plus de quatre-vingts colloques et séminaires nationaux et inter-nationaux. Il est membre et consultant au sein de plusieurs instances nationales et internationales, notamment le Conseil pour le développement de la recherche en Afrique (CODESRIA, Dakar – Sénégal), le Conseil arabe des sciences sociales et le Réseau international d’étude des sociétés arabes (Beyrouth – Liban).
Rosa MAHDJOUB
Rosa MAHDJOUB
intervenant
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Absentéisme scolaire et recours aux cours de soutien en Algérie : vers une privatisation informelle des apprentissages ?
Cette proposition de communication interroge les liens entre l’absentéisme scolaire et le développement des cours de soutien en Algérie, envisagés comme une forme informelle de privatisation des apprentissages. A partir des résultats d’une enquête exploratoire menée auprès d’élèves du cycle moyen et secondaire dans plusieurs établissements de la wilaya d’Alger, cette réflexion met en évidence une transformation progressive du rapport des élèves à l’école publique.
Les données recueillies montrent que l’absentéisme ne peut être réduit à une simple question de discipline ou de manque de motivation. Il apparaît davantage comme l’expression d’un désengagement scolaire lié à une perte de confiance envers l’institution scolaire et à une remise en question de son efficacité pédagogique, particulièrement au secondaire. Une proportion importante des élèves interrogés considère que l’école ne constitue plus un environnement d’apprentissage favorable et déclare privilégier d’autres modalités d’apprentissage, notamment les cours de soutien.
L’enquête révèle également que le recours aux cours particuliers est largement répandu et qu’une partie des élèves absents consacre ce temps à des activités d’apprentissage alternatives, entre révisions autonomes, cours de soutien ou apprentissage en ligne. Les élèves du secondaire apparaissent particulièrement concernés par cette dynamique, plusieurs d’entre eux considérant les cours de soutien comme plus efficaces que les enseignements dispensés dans le cadre scolaire formel.
Cette contribution propose ainsi d’analyser l’absentéisme comme un indicateur des mutations contemporaines du système éducatif algérien et comme le symptôme de l’émergence
d’un « système parallèle » d’apprentissage. Elle interroge les effets de cette privatisation informelle sur les inégalités scolaires, le rapport au savoir et la fonction intégratrice de l’école publique. Enfin, elle ouvre une réflexion sur les transformations des pratiques éducatives et sur les défis que pose ce phénomène en matière d’équité et de politiques publiques éducatives.
Biographie
Rosa Mahdjoub est une docteure en sciences de l'éducation et experte internationale, cheffe de service à l'Observatoire national de l'éducation et de la formation (ONEF) en Algérie. Ses travaux portent sur l'efficience, l'équité et le pilotage des systèmes éducatifs en Afrique, ainsi que sur le développement de la petite enfance.Docteure diplômée de l'Université de Haute-Alsace, elle est chercheuse affiliée au laboratoire LISEC en France et au CRASC. Reconnue pour son expertise, elle mène de nombreuses missions de consultante pour des institutions majeures comme l'Unicef, l'Unesco et la Banque mondiale. Elle est également l'auteure d'articles de recherche remarqués sur la performance et le fonctionnement des cycles scolaires, notamment en Algérie et en Afrique subsaharienne
Hadj Said BAKIR
Hadj Said BAKIR
intervenant
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Les écoles privées au M’zab : sélectivité individuelle ou spécificité sociale ?
Cette contribution analyse l’expérience éducative des écoles privées relevant des waqfs ibadites dans la vallée du Mzab (Ghardaïa). Celles-ci comprennent près de trente écoles libres anciennes, dont la création remonte aux années 1930, ainsi que huit écoles privées plus récentes, fondées à partir de 2005 à la suite de la promulgation de la décision ministérielle ayant autorisé l’ouverture d’établissements scolaires privés.
Bien que cette région soit située dans le sud algérien, un espace généralement considéré dans la littérature consacrée à l’enseignement privé comme peu attractif pour l’investissement éducatif, elle a connu l’émergence d’écoles privées dans un contexte différent de celui observé dans les grandes villes. Le phénomène connaît aujourd’hui une croissance à la fois quantitative et qualitative, et entretient un lien structurel étroit avec la société locale. Cette dynamique s’exprime, d’une part, à travers une volonté collective de concrétiser des projets éducatifs destinés à l’encadrement et à la formation des jeunes générations, dans le prolongement de la tradition profondément enracinée de l’école libre au sein de la société mozabite ; d’autre part, elle traduit une volonté d’investir dans l’éducation des enfants tout en préservant les spécificités culturelles et communautaires, l’éducation étant conçue comme un projet de société plutôt que comme une entreprise à vocation commerciale.
Cette communication s’interroge ainsi sur la logique fondatrice de ces établissements privés dans la région du Mzab : relèvent-ils d’une démarche de sélectivité individuelle ou répondent-ils avant tout à une exigence de préservation d’une spécificité communautaire ? Plus largement, cette orientation constitue-t-elle une menace pour le système éducatif national dans son ensemble ou, au contraire, une contribution qualitative susceptible d’enrichir sa diversité ?
Biographie
Titulaire d’un doctorat en philosophie de l’éducation, il est professeur de l’enseignement supérieur à l’École normale supérieure de Bouzaréah (Algérie). Chercheur spécialisé dans les questions d’éducation et de valeurs, il accorde un intérêt particulier à la thématique de l’enseignement libre dans la vallée du M’zab. Il a exercé les fonctions de fondateur et ancien directeur d’un établisse-ment scolaire privé à Alger.Il est l’auteur de plusieurs travaux scientifiques dans le domaine des sciences de l’éducation. Parmi ses ouvrages figurent notamment : Nos enfants et la violence : manifestations, causes et solutions, Nos enfants et la télévision, ainsi qu’Introduction aux valeurs et aux curricula éducatifs. Il a également dirigé la publication de l’ouvrage Textes et figures du الفكر éducatif algérien. Il a participé à de nombreux colloques nationaux et internationaux avec des communications portant sur l’enseignement coranique dans la vallée du M’zab, la dimension axiologique du système éducatif algérien, l’enseignement privé en Algérie, ainsi que la relation entre éducation et idéologie.
Hind BOUAGADA
intervenant
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Les écoles privées d’éducation et de l’enseignement à Oran : sélectivité et qualité de la formation
Cette communication présente les résultats d’un projet de recherche institutionnel conduit par le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), intitulé « Les écoles privées de l’éducation nationale : sélectivité et qualité de la formation ». Ce projet avait pour objectif d’identifier les trajectoires de constitution des établissements scolaires privés, ainsi que les conditions de leur émergence à Oran. Il met en lumière les caractéristiques des différents acteurs (fondateurs, directeurs, enseignants et parents d’élèves), et analyse leurs représentations en rapport avec ce type d’établissements scolaire. La communication s’appuie sur des données issues d’une enquête empirique, à la fois quantitative et qualitative, réalisée dans la wilaya d’Oran entre 2022 et 2025.
Les résultats de l’enquête de terrain montrent que ces établissements éducatifs se caractérisent par une forte hétérogénéité, tant en ce qui concerne leurs trajectoires de création que les profils des acteurs qui y interviennent, qu’il s’agisse des fondateurs, des directeurs ou des enseignants. Cette hétérogénéité s’étend également aux parents d’élèves qui y scolarisent leurs enfants, et renvoie à des formes de sélection sociale et culturelle (selon les choix culturelles)
Biographie
Chargée de recherche de classe « A » au Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC) d’Oran (Algérie), elle est spécialisée en psychologie clinique. Elle a participé à plusieurs projets de recherche, tant nationaux qu’internationaux, parmi lesquels : « Le processus d’insertion socio-professionnelle des jeunes diplômés de l’université », «L’entrepreneuriat éducatif et pédagogique : motivations et trajectoires professionnelles », ainsi que « Les écoles privées de l’éducation nationale : sélectivité et qualité de la formation ».Ses publications scientifiques et communications académiques portent principalement sur les thématiques de la jeunesse, de l’enfance, du genre, de la marginalisation, ainsi que de l’éducation et de l’enseignement.
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Les manuels de philosophie dans l’enseignement secondaire en Algérie : enjeux cognitifs et axiologiques
Cette communication propose l’analyse des transformations qu’ont connues les programmes et les manuels de philosophie dans l’enseignement secondaire en Algérie, à la lumière des réformes éducatives mises en œuvre dans l’Éducation nationale, et particulièrement, depuis le début des années 2000. Ces réformes ont conduit à une reconfiguration des contenus cognitifs, ainsi que des choix pédagogiques et axiologiques qui sous-tendent l’enseignement de la discipline.
L’étude repose sur l’hypothèse selon laquelle « l’enseignement de la philosophie ne se limite pas à la transmission de savoirs philosophiques. Il remplit également une fonction éducative et culturelle essentielle, liée à la production de modes spécifiques de pensée et à la construction des représentations axiologiques et sociales des apprenants ». Afin d’appréhender ces transformations, l’analyse mobilise deux approches complémentaires. La première, de nature historico-sociologique, examine l’évolution des contenus et des thématiques philosophiques dans les programmes et les manuels scolaires en les replaçant dans les contextes politiques, sociaux et culturels qui ont marqué l’école algérienne depuis l’indépendance. La seconde approche, de nature cognitivo-pédagogique, porte sur le discours philosophique véhiculé par les manuels scolaires adoptés à la suite de la réforme de 2003. Elle s’intéresse à la nature des problématiques proposées, aux modalités de construction du savoir philosophique, aux références intellectuelles mobilisées, ainsi qu’au système de valeurs que ces ouvrages cherchent à promouvoir.
L’étude s’appuie sur un corpus constitué de la collection de manuels scolaires intitulée Problématiques philosophiques (Ishkâliyât falsafiyya), utilisée dans les classes de deuxièmes et troisièmes années de l’enseignement secondaire.
Biographie
Directeur de recherche au Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC) d’Oran (Algérie), il est titulaire d’un doctorat en philosophie. Ses travaux de recherche portent principalement sur le discours soufi et l’analyse des transformations culturelles et religieuses en Algérie, avec un intérêt particulier pour les questions éducatives ainsi que pour les contenus des disciplines scolaires relevant des sciences sociales et humaines. Il a dirigé et participé à plusieurs projets de recherche, notamment : un projet consacré à l’approche par compétences, ainsi qu’un Dictionnaire des manuels scolaires en sciences sociales et humaines (1963-2019). Il a également présenté de nombreuses communications scientifiques et publié plusieurs études, parmi lesquelles : « L’évolution des thématiques et des contenus de la philosophie dans l’enseignement secondaire », « La philosophie dans l’institution éducative et universitaire : état des lieux et problématiques», « Le discours de la citoyenneté en Algérie à travers les programmes et les manuels de philosophie », « La problématique de la culture algérienne entre unicité et pluralité » et « La compétence culturelle dans le manuel de philosophie du secondaire ».
Mustapha HAMDI
Mustapha HAMDI
intervenant
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Inscription des élèves dans des établissements scolaires privés Une démarche parentale volontaire ou imposée ?
Les écoles privées, depuis leur lancement dans les années 1990, ont du mal à émerger aussi bien sur le plan de leur nombre que sur celui de leur qualité « pédagogique ».
Après avoir fonctionné d’une manière « clandestine », elles ont été agréées à partir de 2004 suite à une demande sociale de plus en plus croissante et suite au contexte socioéconomique qui donnait une place de choix à l’investissement privé.
Une série de textes officiels est venue structurer ces établissements scolaires dont la loi d’orientation n°08-04 du 23/01/2008. Toutefois, elles ont continué à exercer d’une manière aléatoire jusqu’à la numérisation du secteur de l’éducation en 2016 où leurs élèves étaient inscrits et enregistrés sur la plateforme du ministère de l’Éducation Nationale au même titre que ceux des écoles publiques.
En 2023, la création des écoles privées a été suspendue, le nouveau cahier des charges n’a, à ce jour, pas encore été publié. Leur nombre est resté en deçà des prévisions des pouvoirs publics lors de leur lancement. Actuellement, elles sont au nombre de 680 implantées dans 37 wilayas.
Sur le plan de l’apprentissage, les résultats scolaires des écoles privées ne s’éloignent pas trop des élèves des écoles publiques. Même si elles appliquent les programmes d’enseignement officiels renforcés par des manuels parascolaires des maisons d’éditions privées, elles privilégient l’apprentissage des langues étrangères : français et anglais dès le début de la scolarité en tant que matières optionnelles autorisées par le Ministère de l’Éducation Nationale.
Des frais de scolarité de plus en plus excessifs, des infrastructures parfois trop exigües pour un établissement scolaire n’encouragent point les parents à y inscrire leurs enfants sauf pour ceux étant obligés de le faire par commodité notamment en termes de garde des enfants, entre autres.
Biographie
Titulaire d’une licence de français – Université d’Alger et d’un master 1 (ex-maîtrise) de français (FLE), Université Blaise-Pascal – Clermont-Ferrand (France) . Professeur de français des cycles moyen et secondaire de 1985 à 2000. Inspecteur du cycle primaire de français de 2000 à 2015 et Sous-directeur au Ministère de l’Éducation Nationale chargé des programmes d’enseignement puis de la Pédagogie ( 2015 -2023)
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Les écoles privées d’éducation et de l’enseignement à Oran : sélectivité et qualité de la formation
Cette communication présente les résultats d’un projet de recherche institutionnel conduit par le Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC), intitulé « Les écoles privées de l’éducation nationale : sélectivité et qualité de la formation ». Ce projet avait pour objectif d’identifier les trajectoires de constitution des établissements scolaires privés, ainsi que les conditions de leur émergence à Oran. Il met en lumière les caractéristiques des différents acteurs (fondateurs, directeurs, enseignants et parents d’élèves), et analyse leurs représentations en rapport avec ce type d’établissements scolaire. La communication s’appuie sur des données issues d’une enquête empirique, à la fois quantitative et qualitative, réalisée dans la wilaya d’Oran entre 2022 et 2025.
Les résultats de l’enquête de terrain montrent que ces établissements éducatifs se caractérisent par une forte hétérogénéité, tant en ce qui concerne leurs trajectoires de création que les profils des acteurs qui y interviennent, qu’il s’agisse des fondateurs, des directeurs ou des enseignants. Cette hétérogénéité s’étend également aux parents d’élèves qui y scolarisent leurs enfants, et renvoie à des formes de sélection sociale et culturelle (selon les choix culturelles)
Biographie
Chercheur et ancien président du Conseil scientifique du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC). Ses travaux de recherche s’articulent autour de la jeunesse et de son rapport à l'emploi, à la migration et aux technologies de l'information et de la communication (TIC). Il s'intéresse également au décrochage scolaire précoce ainsi qu'à la violence en milieu scolaire.
Mohammed BENOUAZANI
Mohammed BENOUAZANI
intervenant
Biographie
Mohamed Benouazani est un professeur de l’enseignement supérieur en démographie au Département de la Population de la Faculté des Sciences Sociales de l’Université d’Oran 2 Mohamed Ben Ahmed. Il est chercheur spécialisé dans les études démographiques et s’intéresse particulièrement aux transformations de la population en Algérie et dans l’espace maghrébin.
Brahim TAMETELT
Brahim TAMETELT
intervenant
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Les curricula religieux et complémentaires dans les établissements d’enseignement libre à Ghardaïa : lecture des fondements et présentation de l’expérience des trois instituts El-Hayat, Ammi Saïd et El-Islah
Cette contribution propose une lecture analytique des fondements de référence et des finalités éducatives des curricula des trois instituts : El-Hayat, Ammi Saïd et El-Islah de Ghardaïa. Ces curricula, approuvés et adoptés le 22 Dhou al-Hijja 1432 H (18 novembre 2011), constituent le cadre de référence principal pour l’élaboration des programmes complémentaires et religieux au sein des établissements historiques de l’enseignement libre dans la vallée du Mzab. Ils visent à promouvoir une approche conciliant authenticité et modernité, à travers la prise en compte de la spécificité locale et confessionnelle, de l’ancrage national algérien, ainsi que de l’appartenance civilisationnelle à la communauté musulmane.
Cette communication présente également une démarche pédagogique structurée en plusieurs étapes fondamentales ayant présidé à l’ingénierie de la conception des manuels scolaires afin de garantir la qualité et la singularité de ces curricula. Le processus débute par la traduction des grandes finalités éducatives en compétences concrètes adaptées aux exigences de l’époque, de la société et de l’individu. Il se poursuit par l’élaboration de matrices de progression et de séquentialisation destinées à assurer l’intégration des valeurs, la construction des savoirs et la prise en compte des caractéristiques du développement de l’apprenant. Vient ensuite la phase de conception des contenus, comprenant les activités d’enseignement-apprentissage et d’évaluation, en veillant à leur articulation avec les réalités vécues et les problématiques quotidiennes des élèves. Le processus s’achève par une phase d’expertise assurée par des cadres académiques et des cheikhs de référence, suivie d’expérimentations menées par des enseignants praticiens, avant l’intégration des observations et des enrichissements proposés, puis la validation et l’homologation définitives.
Les programmes complémentaires et religieux sont enseignés à tous les niveaux de la scolarité parallèlement aux programmes de l’école nationale, sans s’y substituer. Ils constituent des dispositifs éducatifs d’accompagnement qui contribuent à la formation d’un apprenant équilibré et harmonieux, capable de concilier l’élévation spirituelle et l’efficacité dans la vie quotidienne, tout en incarnant un modèle apte à la coexistence, à la coopération et à la participation positive à l’édification de la nation.
Biographie
Maître de conférences à l’Université de Ghardaïa, spécialiste des sciences de l’éducation. Il dirige une équipe de recherche intitulée « Développement des curricula et stratégies d’apprentissage » au sein du Laboratoire des applications psychologiques et éducatives. Il occupe également les fonctions de chef du Département des curricula et de la formation pédagogique à la Fondation Cheikh Ammi Saïd à Ghardaïa. Par ailleurs, il assure la mission de secrétaire général de la Coordination des trois instituts de Ghardaïa : El-Hayat, Ammi Saïd et El-Islah. Ses publications scientifiques et ses communications académiques portent principalement sur les questions relatives à l’éducation et à l’enseignement, notamment la problématique des valeurs dans les curricula éducatifs, la vie scolaire, les relations entre la famille et l’institution éducative, ainsi que les enjeux de la formation pédagogique et du développement des programmes d’enseignement.
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L’école en Algérie aujourd’hui : enjeux des manuels scolaires, des écoles privées et des cours de soutien
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