Les références culturelles en Algérie

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Patrimoine immatériel et formes d’expressions populaires
Résumé

La société algérienne est régie par des lois (juridiques, religieuses, culturelles, etc.) qui sont le produit de référentiels conférant légitimité à leur imposition ou à leur construction. Dans le domaine culturel, nous nous intéressons aux arts plastiques et aux arts musicaux traditionnels (musique andalouse). De plus, notre champ de recherche se concentre sur les pratiques et croyances religieuses, qu’elles soient liées au soufisme ou à l’orthodoxie.

Notre objectif est de reconnaître ces référentiels à travers les indicateurs suivants : noms des personnages, lieux centraux, titres des textes fondateurs (livres, chansons, films, romans), dates et icônes. Le système des référentiels passe par un processus de consécration, de réputation, de reconnaissance et de légitimation. Il s’agit d’un processus complexe, où il faut prendre en compte les facteurs locaux, régionaux et nationaux.

La légitimation se fait selon deux niveaux : du bas (les citoyens) et du haut (les institutions de l’État). La recherche académique intervient pour mettre en lumière les référentiels oubliés ou fragilisés, que ce soit par le haut, par le bas, ou les deux à la fois. La recherche scientifique considère avant tout les référentiels comme un objet d’étude construit et soumis à un examen critique. Ainsi, la recherche n’impose aucun référentiel, mais, au contraire, le place dans l’espace public et la discussion générale afin qu’il obtienne l’adhésion des acteurs eux-mêmes.

Problématique

La société algérienne est régie par des codes juridiques, religieux, culturels, etc., et ces derniers sont le produit de références qui légitiment et donnent du sens, selon les cas, à leur imposition ou leur adoption. Dans le domaine de la culture, nous nous intéressons aux arts plastiques, aux inscriptions sur les stèles funéraires (l’épigraphie), et aux arts musicaux traditionnels (la musique andalouse). Aussi, notre recherche porte sur les pratiques et croyances religieuses, que ce soit celles en relation avec le soufisme ou avec l’orthodoxie.

L’apport des institutions de l’État dans la reconnaissance (à travers le décernement de prix, de médailles, l’officialisation de festivals propre à des genres musicaux ou artistiques et activités culturelles, etc.) des références culturelles (RC) constitue une part importante dans nos investigations, car il nous permet de mesurer le nombre des actions de reconnaissance au cours des dernières années. Notre objectif est d'identifier ces références à travers les indicateurs de leurs manifestations qui sont : noms de personnalités, lieux de centralité culturelle, titres de textes fondateurs (ouvrages, chansons, scénarios de film, romans, etc.), dates mémorielles et l’iconographie, c’est-à-dire l’usage des icônes représentant des éléments culturelles symboliques.

Les références sont le résultat d’un processus de consécration, de notoriété, de reconnaissance et de légitimation. Il s’agit d’un processus long et complexe où il faut prendre en considération le local, le régional, le national et l’international. Aussi, la légitimation se fait à deux niveaux : celui du bas (la population, les masses) et celui du haut (les institutions de l’État). La recherche académique intervient également afin de jeter la lumière sur les RC oubliées ou marginalisées, que ce soit par le haut, par le bas, ou les deux à la fois. La recherche académique considère avant tout que les RC sont un objet de recherche construit et soumis au regard critique. Ainsi, elle n’impose aucune référence ; au contraire, elle les introduit dans l’espace public et dans le débat général afin qu’elles fassent l’objet de consensus par les acteurs eux-mêmes.

À l’occasion de la rédaction de ce rapport annuel, nous avons tenu compte des propositions et remarques des intervenants dans les nombreux séminaires et rencontres scientifiques organisés sur la problématique du projet. Nous avons aussi tenu compte des réserves formulées par le CS dans sa lettre du 06 septembre 2023 sur trois points, une recommandation et deux questions :

- la définition du concept des « références culturelles » ;

- s’agit-il de collecte des noms, des textes et une étude historique de son évolution ?

- quels sont les domaines de la culture qui seront étudiés ?

Notre problématique de recherche est en relation avec l’identification des RC en tant qu’objet de recherche. Nous formulons la question suivante: quelles sont les RC reconnues en Algérie dans les domaines des arts plastiques, épigraphie (inscriptions funéraires) musique et religion? A quoi nous nous référons pour nous identifier en tant que personnes, communautés et nation par rapport à ces domaines évoqués?

Nous visons à extraire (‫(استخالص et à mettre en évidence les indicateurs (lieux de centralité culturelle, noms de personnalités, noms de doctrines, titres de textes fondateurs, images iconographiques) et fournir un cadre conceptuel pour interpréter les résultats et contribuer à la construction de nouvelles connaissances. Les membres du projet procéderont, chacun dans son domaine et axe, à mettre en évidence les indicateurs à partir du terrain (entretiens, observations, questionnaires…) ou de la littérature grise (thèses, listes d’inventaire, programmes, rapports d'études, décrets…) et des ouvrages.

Il ne s’agit pas de se pencher sur les références au sens académique ou listes bibliographiques pour identifier les RC en Algérie. Certes, les références bibliographiques constitues une partie de nos investigations, car comme elles sont composées de noms d’auteurs (personnalités culturelles), noms des maisons d’édition (lieux de centralité culturelles), du titre (titre de textes fondateurs, titres référents à des personnalités, à des lieux, à des images iconographiques…), elles sont une source exploitable et méritent toute notre attention. Néanmoins, nos investigations s’étendent aux discours des acteurs et des institutions, aux pratiques et actions (manifestations culturelles, remise de médailles de décoration, inventaires…). Il ne s’agit pas dans notre projet de collecter (‫تجميع - ‫جمع ) des noms et des textes, car les RC sont misent en exergue à partir d’une lecture critique des documents, une synthèse ou une recherche de terrain. L’aspect multidisciplinaire et interdisciplinaire est à prendre en considération dans notre approche, nous ne basons pas sur une étude historique, car d’une part le profile de l’équipe ne le permet pas et d’autre part, nos investigations interrogent les discours, les pratiques et les actions dans le présent qui ne peut être forcément séparé de son fond historique. Pour cette raison, les documents en relation avec l’histoire de l’Algérie mériteront notre attention comme c’est le cas par exemple du « Dictionnaire du passé de l’Algérie de la préhistoire à 1962 » .

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