Les prénoms en Algérie. Signification et usage

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Toponymie et anthroponymie
Mots-clés : Algérie héritage Identité imaginaire patrimoine

Problématique

Notre projet se situe dans le prolongement des travaux entrepris depuis des années au CRASC, sur l’onomastique (anthroponymie et toponymie) dans le cadre des PNR (2003) et des P.E (depuis 2005). La direction de projet sur les prénoms algériens (2007-2010) la réalisation d’un magister sur les bases patronymiques et anthroponymiques de l’état civil algérienne, La préparation d’une thèse sur la sémiotique de l’espace dans l’ouvre littéraire, nous ont initiée à la recherche sur l’onomastique.

Ce projet que nous proposons dans le cadre des PE nous permettra dans un premier temps d’élargir notre champ d’investigation qui a été jusqu’à ce jour limité à l’anthroponymie, en s’intéressant à l’onomastique en général. Selon A. Dauzat l’onomastique est « une recherche systématique de l’étymologie des noms propres » (A. DAUZAT, 1980.07). Cette science se subdivise en deux branches principales; l’anthroponymie (noms de personnes) et la toponymie (noms de lieux). Ces deux branches sont intimement liées, compte tenu de la fréquence des noms des lieux au sein des patronymes et vice versa.

Il arrive qu’un individu porte plusieurs noms au cours de sa vie. Alors qu’un seul nom pourrait suffire, le nouveau-né est désigné à sa naissance par un nom précis ; avec le temps, cette personne sera qualifiée par d’autres appellations attribuées par son entourage ou la rue. Il arrive même que ces surnoms deviennent plus courants dans l’usage que le prénom personnel inscrit dans le livret de famille. Cette personne peut ainsi n’être reconnue par son nom d’origine qu’en y ajoutant celui que lui a donné son environnement, alors qu’un seul nom suffisait autrefois pour désigner un individu.

C’est ici que se tisse la relation étroite entre le nom et celui qui le porte.

Parmi les nombreuses problématiques se pose également l’existence de noms neutres, sans odeur, sans forme ni couleur. Ceux-ci reposent sur des chiffres, comme le numéro de la carte d’identité, le numéro d’examen, le numéro de téléphone, le matricule du détenu en prison, le numéro d’immatriculation d’un véhicule, ou encore le numéro porté par un joueur.

Parmi les interrogations majeures traitées par la question des noms figure également celle de la liberté. Bien que nous ayons le sentiment d’être libres dans le choix des noms, ceux-ci véhiculent en réalité une valeur implicite qui oriente nos choix dans un espace déterminé, sans que nous percevions toujours cette contrainte.

La problématique de la « liberté et de la valeur implicite » étant particulièrement digne d’intérêt, elle a été retenue comme axe central de cette recherche.

Le choix d’un nom dans une société, une tribu ou un groupe donné est régi par deux éléments :

Le premier est la liberté apparente dans ce choix. Le second, implicite, réside dans le lien entre cette liberté apparente et une valeur sous-jacente qui motive le choix du nom et en délimite la marge de liberté. Cette liberté semble vaste, mais elle demeure soumise à une certaine attraction que l’on peut appeler la valeur nourrissant le choix.

La diversité des significations et des connotations des noms découle assurément de la variété des événements et des réalités propres à chaque société. Avec l’évolution des وسائل الإعلام (médias) et les transformations qu’elle a engendrées, une mutation qualitative s’est également produite dans les noms, en fonction des significations qu’ils véhiculent, souvent associées aux idées de beauté et de qualité.

La dénomination des personnes, des lieux (villes, villages, quartiers, stations de transports et arrêts de bus de métro, de tramway etc,) Des espaces privés, des personnages des romans, des noms de saints et leurs dimensions sociale et leur impact sur la société, l’influence des médias sur le choix des prénoms des garçons et des filles, la citation des toponymes et des anthroponymes dans la production artistique et culturelle (poésie populaire, chansons, etc.) La dénomination des produits destinés à la commercialisation, tous ces phénomènes linguistiques, anthropologiques et sociaux méritent d’être étudiés en tenant compte des changements au rythme accéléré que connait la société algérienne ces vingt dernières années, et qui sont, selon des chercheurs les conséquences de la mondialisation.

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