Le marché des arts plastiques à Oran : lieux de formation, d'exposition, de vente et de production

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Patrimoine immatériel et formes d’expressions populaires

Problématique

Les arts plastiques, les beaux-arts, l’architecture et les arts du spectacle vivant se situent en dehors du champ des industries culturelles, qui comprennent les maisons d’édition, la presse, les médias audiovisuels, le cinéma, et les contenus audiovisuels alimentant la « culture de masse » (La culture de masse). Ce dernier terme remonte à Elias Canetti. Le concept d’industries culturelles a été élaboré par T. Adorno et Max Horkheimer de l’École de Francfort, qui considéraient que la culture de masse menaçait la créativité artistique et s’opposait d’une certaine manière aux idéaux des Lumières. Ainsi, le public « consommateur » ou spectateur des arts plastiques n’est pas de la même ampleur que celui des autres industries culturelles. Cette situation particulière pose la question de l’existence ou non d’un marché spécifique pour ces arts.

Ce marché comprendrait des lieux de formation des artistes, d’échange, d’exposition, de production et de vente de leurs œuvres. William D. Nordhaus et Paul Samuelson définissent le marché comme : « un mécanisme à travers lequel vendeurs et acheteurs interagissent afin de déterminer le prix ou la quantité d’un bien ou service » (Samuelson et Nordhaus, 16ème édition, 1998, 2000, p. 27). Lorsqu’on parle du marché de l’art à Oran, il ne s’agit pas uniquement des artistes locaux, mais d’un marché ouvert aux artistes venant d’autres wilayas, voire de l’étranger ou de la diaspora algérienne.

Dans le cadre d’études antérieures, le chercheur algérien Mansour Abrous, à travers ses ouvrages Dictionnaire des arts plastiques en Algérie (2006 et 2011), a identifié une partie des acteurs de ce marché : artistes, instituts de formation et galeries d’art, ainsi que le travail de Achour Cherfi (Le livre des peintres algériens: Dictionnaire bibliographique, Alger, ANEP, 2004, 249 p.). Cependant, le marché inclut également les artistes plasticiens (graphistes, designers environnementaux, peintres, sculpteurs, céramistes, miniaturistes), collectionneurs, commissaires-priseurs, galeries, marchands d’art, critiques, musées, mécènes et fondations d’art. Identifier ces acteurs permettra de créer une cartographie culturelle complète d’Oran, incluant les lieux constituant le marché de l’art plastique et un guide biographique/annuaire listant les artistes actifs, rendant ces pratiques autrefois limitées à la sphère familiale ou institutionnelle, accessibles et documentées.

Le projet final sera mis à disposition de la Direction de la Culture et de l’Office du Tourisme d’Oran pour diffusion auprès du public et des touristes.

Objectifs du projet :

Approfondir et élargir la compréhension du sujet et de sa problématique (théories de l’art, écoles, finalités de l’art, réception par le public, etc.).Réaliser une étude de terrain en lien avec les institutions culturelles et les acteurs du marché de l’art.Produire une cartographie culturelle et un guide des artistes, avec un calendrier des événements et expositions.

Activités prévues :

Organisation de rencontres (tables rondes) avec les acteurs pour discuter du marché de l’art, de ses institutions, ateliers et réseaux, et recueillir des propositions pour la création d’une association des artistes plasticiens.Publication collective de la partie théorique du projet sur l’art et son essence, l’histoire de l’art à Oran, art et identité culturelle.

Objectifs à long terme :

Faire du laboratoire de recherche en culture, communication, langues et arts un partenaire des institutions culturelles locales et régionales.Développer la cartographie culturelle en y intégrant toutes les activités culturelles (théâtre, cinéma, poésie, musique, contes, danse, bibliothèques, maisons de culture, centres de jeunesse, instituts de formation, associations…).Organiser des ateliers de formation pour les artistes plasticiens débutants afin de les initier au fonctionnement du marché de l’art et à leur positionnement.Mettre à disposition une salle d’exposition au sein de l’unité pour accueillir des expositions et activités scientifiques (tables rondes, colloques) afin de promouvoir le produit culturel auprès des institutions universitaires et de recherche.
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