L’accompagnement institutionnel des personnes défavorisées : l’insertion sociale en question ?

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Familles, femmes, enfance et personnes âgées et la question de la solidarité
Résumé

La réduction des inégalités sociales et la lutte contre la pauvreté ont toujours été des priorités des autorités publiques depuis l’indépendance de l’Algérie, que ce soit dans les discours officiels ou à travers les différentes mesures mises en place. Dans un premier temps, ces mesures faisaient partie des divers projets de développement lancés dans les années 1970, puis elles ont été progressivement réduites, voire totalement retirées par l’État au début des années 1980 avec la politique d’ouverture économique. La crise économique résultant de la baisse des revenus pétroliers et de la mise en œuvre du plan d’ajustement structurel n’a pas seulement aggravé la situation des populations défavorisées, elle a également révélé les effets de la crise sur les classes moyennes, touchées par l’insécurité de l’emploi et la baisse du pouvoir d’achat. Outre les poches de pauvreté existantes, la crise a accentué les inégalités sociales et économiques entre les régions.

La réflexion sur ce sujet s’appuie sur l’analyse de l’accompagnement institutionnel en faveur des populations défavorisées, à travers les structures existantes et les services spécifiques mis en œuvre par les directions de l’action sociale au niveau des wilayas.

Une de nos premières observations, qui mérite un approfondissement, est qu’au-delà du cadre organisationnel existant, les autorités publiques, par l’intermédiaire des directions de l’action sociale, déploient des efforts pour soutenir les personnes vivant dans des conditions précaires, souvent en fonction des circonstances et des ressources financières disponibles. Cela nous a conduit à conclure que les mesures mises en œuvre en faveur de certaines populations défavorisées sont loin de constituer une véritable politique sociale d’autonomisation visant à les sortir de la pauvreté et à les intégrer dans le marché du travail. La politique de traitement des problèmes sociaux de ces populations souffre d’un manque d’approche sociale intersectorielle, conçue pour agir sur les facteurs déterminant leur vulnérabilité. Ces déterminants ne se limitent pas aux conditions sociales et économiques, ou aux facteurs psychomoteurs liés au handicap, par exemple, mais incluent également les facteurs culturels, éthiques, politiques et législatifs qui aggravent la stigmatisation et l’exclusion sociale.

La perspective de réduction de la pauvreté se situe à l’intersection entre le développement des capacités (empowerment) à travers l’accompagnement institutionnel des personnes défavorisées, afin de les protéger de la précarité structurelle, et les politiques publiques visant la promotion sociale des populations désignées par les autorités comme « zones d’ombre » :

Comprendre le concept d’action sociale et sa distinction avec celui de solidarité. Quelle est la base conceptuelle de l’action et sa vision ? Quels sont les enjeux sociaux, économiques et politiques concernés ?

Identifier et analyser le cadre organisationnel de soutien et d’aide aux populations défavorisées.

Étudier la nature des bénéficiaires du système d’aide, comprendre leurs stratégies et analyser leurs perceptions du soutien social, afin de dresser une cartographie sociale des populations défavorisées.

Identifier les caractéristiques des décideurs et des travailleurs sociaux, ainsi que leurs représentations et positions.

Déterminer si l’action sociale constitue une partie intégrante d’une stratégie globale de politique publique visant l’inclusion durable des populations défavorisées, ou si elle se limite à un outil de gestion des problèmes sociaux en fonction des conditions sociales, économiques et politiques.

Problématique

La réduction des inégalités sociales et la lutte contre la pauvreté ont toujours constitué un cheval de bataille pour les pouvoirs publics dès l’indépendance de l’Algérie que ce soit dans les discours ou dans les différentes mesures menées. Au départ, ces mesures inscrites dans les différents projets de développement initiés durant les années 70 vont connaitre des restrictions et des mises en veilleuses pour ne pas dire un désengagement total de l’Etat dès le début des années 80 avec la politique d’ouverture économique. La crise économique induite par la chute des revenus des hydrocarbures et la mise en œuvre du plan d’ajustement structurel (PAS) a non seulement aggravé la situation des couches défavorisées mais a dévoilé les effets de la crise chez les couches moyennes, touchées par l’insécurité de l’emploi et la baisse du pouvoir d’achat. Ce contexte de crise, a en plus les poches de pauvreté existantes accentué les disparités socioéconomiques liées aux territoires. La réflexion sur cette thématique a pour problématique l’analyse de l’accompagnement institutionnel d’aide et de soutien des catégories défavorisées à travers des structures instituées et de services spécifiques mis en œuvre par les directions de l’action sociale (DAS) au niveau des wilayas.

L’une de nos premières observations et qui constitue aussi une interrogation à approfondir est que ; outre le dispositif réglementaire existant, les pouvoirs publics à travers les structures de l’action sociale (DAS) déploient des efforts en vue de soutenir les personnes aux conditions de vie précaires, souvent au gré des conjonctures et aussi au gré des ressources financières. d’où notre constat, que les actions mises en œuvre au profit de certaines catégories défavorisées sont loin de s’inscrire dans une politique sociale d’empowerment (développer les capacités d’agir) en vue de les soustraire à la pauvreté et de les insérer dans une activité professionnelle. La politique du traitement des problèmes sociaux de ces catégories souffre du manque d’une approche sociale intersectorielle, censée agir sur les facteurs déterminants leur vulnérabilité et leur précarité. Ces déterminants se matérialisent non seulement par les conditions de vie socioéconomiques et les facteurs psychomoteurs liés aux handicaps par exemple mais aussi par des facteurs culturels, moraux, politiques et législatifs qui accentuent la stigmatisation et l’exclusion sociale.

La perspective de la réduction de la pauvreté est à l’intersection du développement des capacités d’agir (empowerment) à travers l’accompagnement institutionnel des personnes défavorisées en vue de les épargner d’une précarité structurelle et des politiques publiques destinées à la promotion sociale des populations que les pouvoirs publics dénomment « les zones d’ombres ». il s’agit dans cette recherche de :

1. comprendre la notion de l’action sociale et an quoi elle diffère de la notion de solidarité. Sur quel référent conceptuel repose l’action et dans quelle vision s’inscrit-elle ? Quels sont les enjeux sociaux, économiques et politiques liés à cette question ?

2. identifier et d’analyser le dispositif réglementaire de soutien et d’aide aux catégories défavorisées.

3. étudier les profils des bénéficiaires du dispositif d’aide, comprendre leurs stratégies et analyser leurs représentations de l’action sociale. Ceci va nous permettre d’élaborer d’une cartographie sociale des personnes défavorisées.

4. identifier les profils des décideurs et des travailleurs sociaux, leurs représentations et leurs attitudes.

5. Le dispositif de l’action sociale s’inscrit-il dans une stratégie globale de politique publique dédiée à l’inclusion durable des personnes défavorisée ou serait-il un instrument de gestion des problèmes sociaux au gré des conjonctures sociales, économiques et politiques ?

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