La ville d’Oran à l’épreuve des mobilités quotidiennes : De la nécessité d’un transport collectif attractif et performant

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Mots-clés : Langage Lecture Oran Organisation Santé Services publics Urbanisation
Résumé

Les villes représentent aujourd’hui un pôle d’attraction de la population grâce aux moyens qu’elles assurent sur tous les plans. Dans les villes d’Algérie, à l’instar des grandes villes qui visent d’être des métropoles telle que la ville d’Oran, le transport d’une façon générale et le transport urbain collectif en particulier représente une composante essentielle et efficace dans le fonctionnement de la ville. Il représente la colonne vertébrale de la ville moderne. Dans la projection de notre projet, nous ne visons pas l’étude proprement dite du transport collectif, mais son rôle dans l’espace public comme espace d’interaction entre les différents acteurs, que cela soit au niveau des moyens de transport, ou bien au niveau des arrêts. La mise en valeur de ce secteur doit prendre en considération des paramètres pour une meilleure gestion, planification et une parfaite insertion dans le tissu urbain: le coté social, économique, sanitaire, spatial, et sa disponibilité dans toute la ville. Elle doit aussi tenir compte du taux de réponse du système du transport dans la ville d’Oran à tous les besoins des citoyens : quels sont les besoins pour lesquels on peut rendre ce secteur attractif pour les voyageurs dans le but d’améliorer à la circulation et réduire la pollution, en abordant l’étude des comportements qui sont contraires avec le caractère urbain des citadins, en espérant attirer les touristes et élargir des services publics à dimension urbaine et garantir la qualité pour le voyageur.

Problématique

La ville d'Oran a connu durant ces dernières décennies un étalement urbain important, essentiellement dans sa partie orientale, qui n’a pas manqué de rendre les mobilités quotidiennes plus complexes et plus nombreuses, sachant que les zones d’emploi se situent ailleurs au niveau des centralités héritées (Centre-ville et Médina Jdida), des centralités émergentes (Akid Lotfi, Haï Seddikia, Castor, Choupot-Maraval…) et dans les zones industrielles et d’activités (Es-Sénia, les Hassis, Arzew-Bethioua..). Les mobilités résidentielles qui ont accompagné ce processus d’urbanisation ont rendu les déplacements quotidiens plus intenses et plus diversifiés exigeant l’usage de véhicules particuliers qui apportent d’autres nuisances et ce devant la mauvaise prise en charge des mobilités quotidiennes, à la fois qualitativement et quantitativement, par des transports collectifs peu performants. Cette question est d’autant plus pertinente qu’elle est envisagée pour la deuxième grande métropole urbaine du pays ayant des fonctions régionales et nationales importantes et qui s’apprête à accueillir les Jeux Méditerranéens en 2021. Il est vrai qu’une multitude de programmes internationaux de développement recommandent la mise place de systèmes de gouvernance urbaine cohérents où les questions de transport et de circulation occupent une place privilégiée (objectifs internationaux des villes et communautés durables[1][1] fixés par l'Organisation des Nations Unies à l'aube de l'horizon 2030), s’intéressant ainsi au mode de vie et de bien être des usagers.

Parmi les recommandations, l'un des objectifs est d'assurer l’accès à un système de transport sûr, accessible et performant, à un coût abordable, en améliorant la sécurité routière. Ceci passe par le développement des transports publics collectifs plus respectueux de l’environnement et qui mettent fin aux nuisances dues à l’excès d’usage de la voiture particulière. Les trajets accessibles par les transports collectifs favorisent l’établissement de liens économiques, sociaux et environnementaux positifs entre zones urbaines, périurbaines et rurales.

Ainsi la question du transport collectif dans la ville est essentielle dans la conduite des politiques publiques en ce sens où elle soulève cette volonté d’accomplir la mission de service public tant recherchée pour le bien-être, le confort et l’accessibilité aux ressources de la ville pour les usagers de toutes catégories sociales sans accorder forcément un intérêt particulier à la seule rentabilité économique. Mais notons au passage que le développement des transports collectifs impacte forcément et positivement de nombreux secteurs socio-économiques (tourisme, éducation, culture…) car rendant plus aisés les déplacements dans la

ville tout en étant respectueux de l’environnement.

Ce projet s'inscrit dans les axes de la Division « Villes et Territoires » du CRASC, dont le pôle de recherche s’intitule « Les villes et leurs multiples espaces de relation ».

Ce projet a pour principal objectif d’appréhender le transport collectif comme un élément d’organisation et d’accessibilité à l'espace public par le truchement de politiques publiques qui s’ancrent dans la ville, ses périphéries et ses zones périurbaines. Comme le soutient Bourdieu « l'espace, ou plus précisément, les lieux et les places de l'espace social réifié, et les profits qu'ils procurent, sont des enjeux de luttes. » (P. Bourdieu, 1993, 256). La possession du capital est pour Bourdieu l'élément déterminant pour la jouissance de ces profits et pour la conquête de l’espace. Dans une autre perspective, il apparaît aussi comme un acte de citoyenneté afin de faciliter l’accès aux ressources de la ville d’Oran et ce à la veille des Jeux Méditerranéens de l’année 2021 (perceptions et comportements des Oranais par rapport à une mobilité nationale et internationale).

Selon les statistiques du dernier recensement de la population et de l’habitat de 2008, la ville d'Oran abrite 1.454.078 habitants (ONS, 2008). Cet effectif génère un besoin permanent en déplacements pour différents motifs, et nécessite la mise en œuvre d'un système de transport collectif cohérent et efficace (Bus privés/ Publics, TRAM, taxis) qui puisse répondre à l’exigence quantitative et qualitative de la population oranaise.

A cet effet, nous devons nous pencher sur le questionnement suivant : étant considéré comme un élément facilitateur dans l’accès à l'espace public et aux ressources de la ville, qu'il s'agisse du moyen de transport proprement dit ou des lieux d'attente (arrêts bus, tram et taxis) il est important d'analyser :

- Les comportements et les pratiques sociales qui se manifestent dans et autour du système de transport collectif de la ville d’Oran : répond-t-il aux besoins des usagers ?

- Quelles sont les normes requises auxquelles doivent répondre ce système de transports pour devenir à la fois efficace et attractif ?

- Comment se fait la cohabitation entre opérateurs privés et publics. Comment se fait la répartition des lignes entre opérateurs ? Y a-t-il un organisme de régulation et d’organisation des transports collectifs ?

- Peut-on observer des inégalités entre quartiers urbains face à la présence ou non des transports collectifs ? Y a-t-il des formes de régulation par la présence de transport informel ?

- Quelle place pour les PMR (Personnes à mobilités réduites), les personnes âgées et les enfants dans les transports collectifs existants ?

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