La phase arabe de la géographie : au carrefour des sciences humaines et des sciences exactes (VIIIe-XVIe s.)

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Histoire et rapport à la mémoire nationale

Problématique

Fournir les matériaux historiques, didactiques et pédagogiques illustrant le rôle joué par la Géographie comme carrefour entre les sciences humaines et les sciences exactes, à travers l’étude de certains chapitres des mathématiques (trigonométrie, géométrie plane et sphérique), et des sciences de la vie et de la Terre (botanique, agronomie, pharmacopée).

• Choisir, présenter et analyser des matériaux scientifiques produits dans le cadre des activités géographiques.

• Réaliser une base de données bibliographique et une bibliothèque numérique portant sur les différents thèmes de la géographie traitées dans le P.E.

• Rassembler des matériaux et réaliser des outils pédagogiques ou des documents de travail pouvant enrichir le contenu des programmes de Géographie des enseignements primaires, moyens, secondaires et universitaires : Articles de synthèse sur les thématiques de chaque Axe du P.E., fiches techniques, anthologie de textes anciens.

Nous avons opté pour l’analyse de contenu des cinq œuvres afin de décrypter les paradigmes qui les organisent. La technique avait pour objectif de recueillir et de traiter les données géographiques mentionnées, afin de repérer les différentes tendances inhérentes au social et à la nature. Cette technique d'analyse a reposé sur des grilles appliquées de manière systématique à l'ensemble des œuvres ; ce qui a permis de prendre de la distance par rapport à des interprétations spontanées et d’évacuer les impressions générales qui pouvaient masquer les paradigmes que nous recherchions.

Les cinq œuvres apportent incontestablement des renseignements étendus sur les plantes et/ou cultures à potentiel utilitaire. Nous pouvons certainement dire que leurs auteurs ont été implicitement les précurseurs du paradigme du culturel versus naturel. Certains pour ne pas dire la plupart ont fait du voyage l’un des moyens essentiels de la constitution du savoir géographique. La notion de terroir, qui se dégage et émerge des cinq œuvres, laisse entrevoir des traits spécifiques à la culture arabo-berbéro-islamique. Il ne s’agissait plus de donner des noms et des coordonnées qui témoignent des rapports complexes qu’entretiennent géographie et cartographie ; ce qui est évoqué ce sont les particularités des lieux, les personnages célèbres qui ont vu le jour ou qui se sont illustrés en ces endroits. Le récit y est dominant, la géographie se « littéralise », elle devient littérature. En revanche pouvons-nous parler de littérature géographique, comme la nomment certains auteurs ?

C’est la naissance d’une véritable géographie humaine dont l’un des buts est de témoigner de l’immensité et de la diversité du monde dont la carte ne peut probablement pas en rendre compte. El Bekri et Idrisi soulignent tous deux les rapports complexes qu’entretiennent géographie et cartographie. Dans la description d’al-Bakri, égrainer les noms des étapes, dérouler le fil de la route c’est contribuer à une cartographie textuelle qui est aussi significative pour le lecteur que l’est la carte.

La représentation de l’espace au moyen âge n’obéit-elle pas davantage à la logique de la liste qu’au pouvoir évocateur des noms ? Contrairement à la carte, l’énumération des itinéraires ne permet-elle pas d’insérer divers types de récits sur les particularités des lieux et des mœurs des habitants ? La particularité de l’œuvre d’Edrisi est la complémentarité entre le livre, la mappemonde et la carte : trois éléments distincts et inséparables. Pourquoi mappemonde et carte ? Si la mappemonde offre au regard un monde étalé et maîtrisé, elle ne peut sans doute égaler la carte à grande échelle dans sa capacité à rendre compte des détails et des particularités d’espaces plus restreints.

Une place importante est accordée à l’homme, à la société et à l’histoire dans les cinq œuvres.

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