La formation à l’enseignement dans les ENS : Profils, identité et professionnalisation

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : L’université et ses acteurs
Mots-clés : Formation Identité Professionnalisation Profil

Problématique

Les bouleversements des modes de formation des enseignants n’ont épargné et n’épargnent aucun pays. De lourds programmes de formation pour des enseignants en place, au nouveau cursus des futurs enseignants, les basculements de systèmes et de modèles se sont faits parfois dans les difficultés inhérentes à l’évolution de systèmes par définition conservateurs car devant assurer la stabilité sur le long terme. Cependant, cette décennie de changements et d’ouvertures, bien que n’étant pas exempte de défis, a permis de belles avancées qui méritent d’être mises en valeur pour identifier et étudier les leviers nécessaires à faire réussir les changements de modèles.

Comme le préconise L.Porcher, ces modèles interpellent « La maîtrise, de plusieurs capacités : le savoir, la pédagogie, la didactique, l’évaluation de son enseignement et de son apprentissage ». Il va de soi qu’un autre paramètre est mis en avant par Lang-Perrenoud lorsqu’il dit « cette articulation est nécessaire entre la théorie et la pratique, comme l’un des principes fondateurs d’une formation qui vise la professionnalisation ».

Rappelons que le réseau universitaire algérien compte Cent six (106) établissements d'enseignement supérieur répartis sur quarante huit wilayas (48), couvrant tout le territoire national. Ce réseau est constitué de cinquante (50) universités, treize (13) centres universitaires, vingt (20) écoles nationales supérieures et dix (10) écoles supérieures, Onze (11) écoles normales supérieures et deux (02) annexes. Le Décret exécutif n° 16-176 du 9 Ramadhan 1437 correspondant au 14 juin 2016 fixe le statut type de l'école supérieure (J.O.R.A.D.P n° 36 Année 2016, Pages 9 à 16)

Les écoles normales supérieures sont des établissements étatiques qui sont chargées de former les enseignants pour l’Education Nationale. L’Algérie comptait 4 ENS au niveau national :

- ENS Bouzaréah, sciences humaines (Alger)

- ENS Kouba, sciences et technologies( Alger)

- ENS Constantine

- ENSET Oran

La demande croissante en enseignants a fait passer ce nombre à 11 ENS au niveau national.

Région centre

1. Ecole normale supérieure de Bouzaréah - Cheikh Mubarak Ben Mohamed Brahimi El Mili-

2. Ecole normale supérieure de Kouba - Mohamed Bachir El Ibrahimi-

3. Ecole normale supérieure de Laghouat - Taleb Abderrahmane

Région ouest

1. ENS Oran

2. ENS Mostaghanem

3. ENS Béchar

Région est

1. Ecole normale supérieure de Constantine -Assia Djebar-

2. Ecole normale supérieure d'enseignement technologique de Skikda

3. Ecole normale supérieure de setif - Messaoud Zeghar-

4. Ecole normale supérieure de Bou Saâda

5. Ecole normale supérieure d’Ouargla

Ces institutions sont chargées de former les enseignants pour l’éducation nationale. Dans notre travail, nous pensons à un modèle identificatoire où le formateur est censé avoir résolu ses propres crises identitaires, il exerce ce métier parce qu’il a construit des compétences valorisées. Il est normal qu’on le prenne comme point de référence, voire comme norme. Jean Rostand a décrit le défi du formateur :

" Former les esprits sans les conformer, les enrichir sans les endoctriner, les armer sans les enrôler, leur communiquer une force, les séduire au vrai pour les amener à leur propre vérité, leur donner le meilleur de soi sans attendre ce salaire qu’est la ressemblance "

Un formateur d’enseignants a du mal à se déprendre de l’idée qu’il incarne, une forme de maîtrise, voire d’excellence, ou au minimum une figure acceptable de la profession. S’il pensait le contraire, comment pourrait-il avoir assez d’estime de soi pour prétendre former autrui ? C’est encore plus fort dans un métier où l’on dit volontiers " qu’on enseigne ce que l’on est " et où la légitimité du formateur d’enseignant s’ancre dans une pratique d’enseignement.

Nous pensons qu’une thématisation de la construction identitaire, au gré de l’histoire de vie et des appartenances successives, pourrait aider l’enseignant en formation à se décentrer, à comprendre la part de singularité de sa quête, mais aussi la part inscrite dans l’histoire de sa génération, dans sa culture et sa trajectoire sociale.

Dans ses analyses, Alain Rieunier parle de trois marches à gravir pour qu'un bon enseignant devienne un formateur de formateurs.

1. S'il est parfaitement capable d'enseigner, mais il n'a jamais eu besoin de théoriser sa pratique, or c'est essentiellement ce que l'on va lui demander de faire en tant que Formateur de formateurs.

2. il va enseigner à des adultes et non à des enfants ou à des adolescents. Cela a des conséquences particulières quant au type de relation à établir si l'on souhaite former des enseignants responsables et non des exécutants. Ici la manière d'enseigner est au moins aussi importante que ce que l'on enseigne.

3. Certaines situations professionnelles fondamentales sont spécifiques à la formation de formateurs :

- conception de plan de formation à partir d'une analyse des besoins.

- conception de référentiels,

- techniques d'observation et techniques d'évaluation de prestation pédagogique, (utilisation et construction éventuelle de grilles d'analyse),

- techniques d'animation de séances de micro enseignement pour tenter de développer la compétence à animer un groupe.

Tout cela demande au formateur de formateurs de maîtriser les techniques afférentes, différentes de celles qu'utilise habituellement le formateur(l'enseignant), sans oublier la maîtrise des techniques de conduite d'entretien et des techniques de conduite de réunion (conseil de coordination pédagogique, conseil scientifique, conseil de l'éthique)

Dans l’enseignement supérieur, les outils d’évaluation de la qualité, notamment ceux qui donnent la parole aux étudiants, se sont largement répandus ces dernières années. Ces outils, et les processus dans lesquels ils s’inscrivent, visent à évaluer la qualité de divers objets : l’enseignement, les programmes, les apprentissages, etc. Si l’évaluation est pensée dans une perspective formative, visant le développement professionnel de l’objet évalué (formateur ou filière de formation par exemple), alors il est légitime de se demander si les outils évaluatifs utilisés servent effectivement ce développement. Dans cette étude, nous nous interrogeons sur la qualité de la formation dans une institution de l’enseignement supérieur et commençons par identifier trois niveaux d’éléments qui sont supposés l’influencer. Nous proposons ensuite une démarche d’analyse d’outils évaluatifs visant à déterminer dans quelle mesure ceux-ci interrogent la perception des étudiants sur ces éléments d’influence. En présentant cette démarche de manière aussi générale que possible, nous visons sa transférabilité à divers contextes de formation supérieure. En illustrant enfin cette approche par une mise en pratique dans le contexte d’une école normale Supérieure, destinée à former des enseignants, nous montrons en quoi elle améliore la compréhension de l’outil évaluatif, en favorise son évolution ou encore soutient le pilotage d’une filière de formation.

Pour mesurer le degré de couverture par l’outil évaluatif de la dimension de professionnalisation du formateur des formateurs, nous procéderons comme pour la conformité aux normes en déterminant les pourcentages de questions ciblant les cinq axes suivants :

- l'intégration de la recherche ,

- La professionnalité et identité professionnelle ,

- la réflexivité du praticien,

- Les savoirs et compétences ,

- l' alternance théorie-pratique ,

C'est ainsi que B.Wentzel (2012) déterminent les marqueurs de la rhétorique de professionnalisation . le retour des résultats du questionnaire nous informera sur ces éléments de base.

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