La consommation de la drogue dans les milieux universitaires algériens : étude de terrain dans dix universités du territoire algérien

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Santé publique et société

Problématique

La consommation des drogues est un problème en Algérie comme partout ailleurs dans le monde. Actuellement, beaucoup des drogues même les plus raffinées, sont de consommation courante. À cet effet l’Algérie se trouve face à un véritable phénomène de consommation de la drogue. Les services de la gendarmerie ont saisi en 2015, 34 tonnes de cannabis et 11 000 comprimés de psychotropes (chiffres publiés par la presse).

Les chiffres publiés par l’office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLDT) dans lesbilans des années 2011-2016, nous renseigne que les différents services de lutte contre la criminalité et la drogue ont eu à traiter 7 473 affaires dont 1 939 affaires liées au trafic et à la commercialisation des drogues. Pour l’année 2012, ils ont eu à traiter 12 109 affaires, dont 2 948 affaires liées au trafic illicite de la drogue et pour l’année 2013, l’ensemble des services de lutte ont soigné 13 989 affaires dont 3 592 affaires liées au trafic illicite de la drogue. Concernant l’année après (2014), les services concernés par la lutte ont traité 11 130 affaires dont 3 097 affaires liées au trafic illicite de la drogue et enfin pour l’année 2015, l’ensemble des services de lutte ont traité 19 692 affaires. Comparativement au bilan de l’année 2014, durant laquelle 15 448 individus ont été interpellés, Parmi ces personnes 183 étrangers, on note une augmentation de 10 668 individus (+ 69,06 %) et une baisse de 54 étrangers (- 29,51 %). Le dernier bilan de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie relève une augmentation des quantités saisies, passant de 215 081 comprimés de janvier à mai 2016 à 314 984 durant cette même période de 2017, soit une hausse de 46,45%. L'étude menée en 1015 par l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONCLDT) révèle qu'environ 300 000 Algériens, de 12 à 35 ans, consomment de la drogue. Elle nous instruit également que la consommation de drogue qui touchait essentiellement les villes, commence à s'élargir aux zones rurales et même aux régions du sud de l'Algérie. Cette prise de drogue concerne toutes les catégories sociales de la société à savoir, les jeunes, les vieux, les filles, les garçons, les chômeurs, les actifs, les riches et les pauvres, elle touche également les universités et les cités universitaires.

De nos jours, l’usage des drogues constituent un problème de société suffisamment sérieux, en particulier sur le plan de la santé publique, sur le plan judiciaire et sur le plan économique. Il est à l’origine d'augmentation de la criminalité et des accidents. Il faut souligner que L'accoutumance à cette substance oblige, le plus souvent, le consommateur à chercher de l'argent par divers moyens sans omettre les risques que cela peut comporter à la dépendance. Une diminution brutale de l'usage fait apparaître des effets de sevrage comme : angoisse, inquiétude, tremblements, sueurs abondantes, et insomnie. On constate parfois aussi des hallucinations.

Cette étude de la consommation de la drogue est partie du constat selon lequel une bonne partie des discours sur la question en Algérie insiste sur la consommation de la drogue et la toxicomanie dans les milieux de délinquance et de criminalité, notre connaissance du sujet repose sur une population en situation de soins ou en détention (délinquance et criminalité) c’est-à-dire une forte population qui se drogue et qui cumule souvent un maximum de problèmes sociaux. Or cette catégorie n’est pas la seule ou ne représente qu’une partie de la catégorie des personnes qui se droguent ou qui est toxicomane. Ce constat nous a encouragés à changer la catégorie d’analyse de la consommation de la drogue et de nous intéresser à l’usage de la drogue en milieu universitaire afin d’analyser les modes d’usages relatifs à cette catégorie, les significations qu’elle revêt dans leur vie d’étudiant et d’étudiante, les manières dont elle contrôle sa consommation et sa dépendance. De plus, les données statistiques sur cette question restent peu fiables et ne permettent pas de connaitre la réalité et la tendance du phénomène dans le milieu universitaire.

Les lectures de la bibliographie nationale font ressortir que les recherches sur la toxicomanie et la drogue chez la jeunesse en particulier en milieu estudiantin sont insuffisantes. Elles nous permettent de percevoir que ce qui existe comme savoir sur la question provient des centres spécialisés de soins et de quelques enquêtes épidémiologiques auprès d’usagers réalisées la plus part pour évaluer les stratégies ou les plans d’actions de lutte contre ce phénomène. Cela s’avère ne pas répondre suffisamment au besoin social progressant pour faire face à ce problème et pour faire une analyse globale du phénomène; c’est pour ces raisons que nous espérons que cette étude va permettre de lever le voile sur la situation de la consommation de drogues en milieu universitaire pour une meilleure contribution sur le plan de la prévention, de la réduction des risques de la consommation et du trafic de drogues dans ces milieux.

Objectif spécifiques :Dans cette recherche psychosociologique portant sur la consommation de drogue dans les milieux universitaires il s’agira pour nous :- d’identifier la consommation selon la localisation des universités en tenant compte des logiques de l’offre et de la demande.- d’identifier le profil social de la population consommatrice afin d'analyser les problèmes liés à la prise de drogues dans ces milieux.- d’identifier les facteurs poussant à la consommation selon la localisation géographique des universités. Cela va encourager la formulation de quelques recommandations et suggestions aux décideurs politiques et aux services et établissements compétents de prise en charge et de prévention contre l’usage des drogues et de traitement de la toxicomanie.- Les données quantitatives et qualitatives de cette étude (qui sera réalisée en six mois) doivent répondre aux objectifs spécifiques. La catégorie des étudiants constitue l’échantillon principal de l’étude. Les acteurs du milieu universitaire (médecins, psychologues et organisations universitaires) représentent aussi une catégorie d’analyse qui peut nous donner d’autres perceptions sur le phénomène.

Objectifs à long terme :

Communiquer le plus clairement possible les principales conclusions de la recherche aux services et établissements compétents de prise en charge et de prévention contre l’usage des drogues et de traitement de la toxicomanie, entre autre l’Office National de lutte contre la drogue et la toxicomanie.Les données tant quantitatives et qualitatives vont permettre de redéfinir en fonction des résultats une nouvelle stratégie de lutte contre ce fléau qui gangrène le milieu universitaire.Les résultats obtenus vont favoriser le développement d'interventions appropriées à la situation de ces jeunes, et ce, en considérant les particularités du milieu d’une façon générale.
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