Déterminants sociaux et inégalités de santé à Oran et Tlemcen

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Santé publique et société
Mots-clés : Déterminants sociaux Inégalités de santé Morbidité Mortalité prématurée évitable Population générale Système de santé

Problématique

Les inégalités sociales de santé existent dans tous les pays indépendamment du régime d’assurance qui régule l’accès aux soins selon le rapport de la commission des déterminants sociaux de la santé de l’Organisation mondiale de la santé « OMS ». L’atteinte du but pour l’accès à la couverture universelle est recherchée par la communauté internationale à la suite de son adoption par l’OMS et les recommandations pour produire plus de données probantes pour sa mise en œuvre réelle. Alors qu’une amélioration globale et incontestable de la santé a eu lieu dans les pays développés et en voie de développement notamment en Algérie comme en témoigne l’espérance de vie qui dépasse les 75 ans. Les origines de ces inégalités sociales de santé sont multifactorielles et complexes ; des facteurs liés aux conditions socio- économiques ; liés aux conditions des personnes et à leurs parcours de vie. Ces inégalités sociales de santé se traduisent par une différence d’espérance de vie selon la profession, qui est de sept ans entre les ouvriers et les cadres supérieurs ainsi que pour le genre. A titre d’exemple, le taux de mortalité prématuré d’un homme sans diplôme est multiplié par 2,5 par rapport à un homme ayant un diplôme et chez la femme, ce taux est multiplié par 1,9.De même qu’il a été noté l’importance de la petite enfance dans la construction de ces inégalités.

Devant l’aggravation de la situation des inégalités sociales de santé ces vingt dernières années, plusieurs pays européens, dans le cadre politique « santé pour tous » ont développés des projets et menés différentes études comparatives. Il ressort de ces travaux l’existence d’une différence sociale de l’état de santé perçue, devant le risque de maladie, face à l’incapacité et également face au risque de décès. Ceci a conduit à meilleure une compréhension des causes des inégalités sociales de santé et à l’identification de certaines causes comme les maladies cardiovasculaires, les cancers digestifs et les maladies du système digestif. Suite à cette phase d’identification et de mesure, plusieurs pays tel que la Grande -Bretagne, les Pays –Bas, la France et autres se sont engagés pour réduire ces inégalités et ont mis en place des politiques de lutte contre les inégalités sociales de santé. Il est évident que la surveillance des inégalités sociales de santé et l’accumulation des connaissances sur les causes constituent des préalables nécessaires à l’orientation des politiques de santé.

L’Algérie traverse une transition démographique et épidémiologique révélée par différentes études (Tahina, STEPS OMS, PAPFAM 2002) et économique.

Des réductions conséquentes des indicateurs de mortalité ont été réalisées depuis les années 90, mais qui restent insuffisantes pour l’atteinte des quatrièmes et cinquièmes objectifs du millénaire pour le développement concernant la mortalité maternelle et infantile.

Le rapport sur le développement humain élaboré par le CNES pour l’année 2006 révèle des inégalités entre les districts du pays. En termes de mortalité, la wilaya d’Oran avec les 7433 décès enregistrés en 2008 (5,4%) occupe le 2ème rang après la wilaya d’Alger et le taux de mortalité infantile dépasse la moyenne nationale.

Pour l’identification des causes de décès, des progrès ont été réalisé pour l’amélioration des statistiques des causes de décès tant sur le plan quantitatif que qualitatif avec la création d’une unité causes de décès au niveau de INSP. Cependant, les critères socio-économiques et géographiques n’ont pas été intégrés dans l’analyse des décès. L’étude TAHINA et la mortalité hospitalière chez les moins de 15 ans ont révélé que la mortalité évitable constitue une part non négligeable dans la mortalité générale.

Le but de la recherche est de contribuer à l’identification des inégalités sociales de santé en termes de mortalité et de morbidité des populations. Dans ce contexte, le projet s’appuie d’une part sur l’étude de la mortalité générale et prématurée, et d’autre part nous nous intéresserons à la morbidité et la santé perçue par les usagers des services de soins de santé (focus, entretiens, panel).

L’inégalité est vue à travers les résultats du système de soins : mortalité et morbidité, c'est-à-dire en termes de différences d’état de santé entre groupe de populations. Ces différences seront mises en évidence sur le plan qualitatif. Il ne sera pas question dans ce travail d’étudier les inégalités à travers les critères d’accessibilité ni de prestations de services de santé.

A ce titre, une étude comparative a été menée dans des sites d’étude différant selon les critères suivants : type d’agglomération et niveau de richesse (bon, moyen et faible). Trois communes seront choisies dans la wilaya d’Oran.

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