Conception et réalisation d’un système d’information : environnement et santé respiratoire en région oranaise

Type de projet : Projets d'établissement (PE)

Problématique

La revue de la littérature publiée sur la question des impacts de la pollution atmosphériquesur la santé humaine permet de tirer les conclusions suivantes :Les liens entre la pollution atmosphérique et la santé humaine sont difficiles à établir :Pour établir ces liens et en évaluer l’importance, deux approches sont développées : les études toxicologiques animales et/ou humaines et les études épidémiologiques. Ces deux approches complémentaires présentent chacune des limites propres qui ne rendent pas leur interprétation toujours aisée.Il existe des résultats convergents et convaincants sur les effets à court terme : La cohérence des associations retrouvées entre un certain nombre d’indicateurs de santé (mortalité, morbidités respiratoire et cardio-vasculaire) et les teneurs ambiantes des polluants atmosphériques confèrent à ces résultats une forme de validation. Ces manifestations résultent soit d’une toxicité directe des polluants, soit d’une fragilisation des mécanismes de défense de l’organisme vis-à-vis des agressions bactériennes, virales ou allergiques.Il existe des populations cibles : Bien qu’il existe une grande variabilité interindividuelle dans la perceptibilité aux polluants atmosphériques, il apparaît clairement que certaines populations soient plus sensibles ou plus vulnérables. C’est le cas des enfants, des personnes âgées, des sujets souffrant d’un asthme, d’une bronchite chronique ou de maladies cardiovasculaires.Les effets à long terme sont plus incertains : Des hypothèses sur l’existence de relations entre certains cancers respiratoires et la pollution automobile ou une réduction de la survie pour des expositions prolongées à un air pollué ont été formulées, mais les connaissances des effets à long terme de la pollution atmosphérique sur la santé restent difficiles à cerner (contrainte de suivi et temps).La perception des effets de la pollution atmosphérique sur la santé a évolué : Il est clair que les populations, relayées par le mouvement associatif, tolèrent de moins en moins les effets de la pollution atmosphérique sur la santé.

Les outils de surveillance restent insuffisants : L’évaluation de la pollution atmosphérique s’appuie essentiellement appuyée sur des réseaux de surveillance de la qualité de l’air. Cependant, cette surveillance n’est ni générale (en terme de territoire), ni exhaustive (en terme de type de polluant). Y compris dans les pays développés, de nombreuses métropoles échappent encore à toute surveillance. Cette surveillance suppose également que les données collectées soient fiables, valides et représentatives de l’exposition des populations, que les effets spécifiques du polluant surveillé et la relation dose-réponse soient connus, que les valeurs limites d’exposition soient établies. Enfin, ces réseaux n’étant pas couplés à des réseaux de surveillance sanitaire, ils restent insuffisants pour protéger de façon efficace les populations.L’évaluation des impacts de la population atmosphérique sur la santé des populations se heurte aujourd’hui à plusieurs difficultés :• absence ou insuffisance de stations de mesure pour quantifier la pollution de l’air et évaluer ainsi la qualité de l’air. Deux réseaux de surveillance de la qualité de l’air sont actuellement en fonctionnement au niveau des villes d’Alger et de Annaba dans le cadre du projet SAMASAFIA (MATE) ; la ville d’Oran est concernée par ce projetdans une seconde phase à partir de 2004,• absence d’actions intersectorielles (santé, environnement, pouvoirs publics, transport, etc.) et de cadres d’échanges et de concertation,• absence de continuité dans les actions initiées lorsque l’on sait que vers la fin des années 80, l’Agence Nationale de Protection de l’Environnement (ANPE) disposait de stations de mesures fixes et mobiles de la qualité de l’air et que le premier réseau urbain de surveillance n’a été mis en place qu’à la fin des années 90,• coût élevé de l’équipement de surveillance et de la maintenance.• insuffisance de poids du mouvement citoyen pour aller vers des solutions durables.Aussi, la mise en place de réseaux de surveillance de la qualité de l’air en Algérie traduit une prise de conscience et une exigence de la nécessité de protéger les populations d’un point de vue sanitaire (réaction de la société civile, mondialisation de l’environnement, exigence internationale). De par la quantité d’informations produites par les réseaux de surveillance environnementale, il n’est pas toujours possible d’intervenir à temps pour développer desactions préventives, particulièrement celles visant les personnes les plus sensibles et les plus vulnérables (au plan physique et social). Ainsi, la réalisation d’un système d’information santé environnement en milieu urbain et industriel dans la région oranaise est indispensable afin :• de contribuer à mieux identifier les principales sources de pollution de l’air, particulièrement en milieu industriel,• de mettre en place un système de recueil de données de morbidité et de mortalité respiratoire,• de mieux comprendre la situation sanitaire (pour les pathologies respiratoires) en relation avec les caractéristiques spécifiques de la région (politique urbaine, développement d’activités industrielles dans certains tissus urbains, catégories touchées, etc.),• d’analyser les risques et les impacts probables de la pollution atmosphérique et des conditions météorologiques sur la santé des populations oranaises,• de disposer d’un outil cartographique qui servira d’instrument de gestion pour les décideurs,• de développer des stratégies de prévention prenant en compte le facteur pollution atmosphérique,• de proposer des seuils locaux de risque environnemental en milieu urbain et industriel.

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