Changements institutionnels et organisationnels et pratiques managériales dans l’entreprise publique algérienne

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Citoyenneté, mouvements sociaux et pratiques électorales

Problématique

La présente recherche se propose de contribuer à une meilleure compréhension du nouveau contexte dans lequel des changements institutionnels, organisationnels et sociaux intervenus dans les entreprises publiques algériennes depuis la mise en place des différentes réformes mises en place depuis 1990, d’une part. D’autre part il s’agit de comprendre l’impact de ces changements et de ces transformations sur l’évolution et les modes de structuration des acteurs sociaux ainsi que sur les représentations collectives, valeurs liées au travail et nouvelles situations internes et externes à l’entreprise.

Au lendemain de l’indépendance, et jusqu’en 1990, l’Algérie avait mis en place un processus de structuration socio-économique et institutionnelle de grande ampleur.Sur le plan économique, le choix a été fait par l’installation d’un ensemble d’entreprises publiques fonctionnant sur la base des principes de la planification, de programmes de développement, de monopole de l’Etat sur toutes les fonctions et activités économiques ainsi que sur la centralisation du pouvoir de décision. L’Etat s’est toujours considéré comme l’agent unique sinon exclusif des transformations de la société.

Au niveau social, le mode de gestion des ressources humaines était imprégné d’idéologie populiste où la logique de la performance, de l ‘effort, de la mise au travail, du mérite et de l’innovation ne constituaient pas des priorités pour l’Etat à l’époque.

Les réformes structurelles, politiques,-institutionnelles et socio-économiques engagées depuis 1990 et dont la finalité proclamée était la rupture avec les conceptions et les règles d’organisation et de fonctionnement antérieures

Ce nouveau système et mode d’objectivation de la sanction vise principalement à l’instauration des principes et des mécanismes de l’économie de marché dans le but de correction des dysfonctionnements des entreprises publiques afin de leur donner les possibilités de se moderniser, de s’adapter aux nouvelles exigences imposées par l’environnement économique national et international.Par ailleurs, le processus de transformation des entreprises publiques algériennes est concomitant au processus de globalisation-mondialisation à l’échelle de la planète et s’inscrit aussi dans un contexte particulier de grave crise politique, économique et sociale.

En effet ces changements ont été engagés sous des pressions à la fois endogènes et exogènes suites à la chute brutale des prix du pétrole de 1986 mais aussi comme conséquences des ajustements structurels encadrés par le FMI et la Banque Mondiale

Aussi, avec le reflux brutal et le désengagement de l’Etat de la gestion des entreprises publiques dont il avait le monopole, contraint les acteurs à faire un effort rapide d’adaptation et d’assainissement de tous ordres tant au niveau juridique et organisationnel que des modes de gestion des ressources matérielles et humaines

La mise en place de nouvelles politiques et de comportements économiques, financiers, managériaux, de mise au travail, de valeurs, normes, représentations et de culture d’entreprise basées sur le principe de la concurrence, la performance, le mérite : Toutes ces valeurs seront des conditions et des vecteurs incontournables pour la modernisation voire la survie de l’entreprise publique.

Au vu de ces constats et des postulats énumérés ci dessus, plusieurs hypothèses et questions importantes constitueront la problématique de ce travail :

1- Les changements institutionnels et organisationnels opérés depuis 1990 ont-ils permis l’émergence de meilleures performances au niveau économiques et humains ainsi que d’une nouvelle culture managériale ?

2- Comment les entreprises publiques ont réagi à ces différents changements et quelles stratégies sont mises en œuvre pour dépasser les dysfonctionnements internes et quelles réponses et mesures d’ajustement et de redressement ont été effectuées (gel des recrutements, compression d’effectifs, amélioration des capacités productives…) ?

3- Comment se structurent et évoluent les différentes catégories socio-professionnelles après l’abandon du système SGT caractéristique de l’Etat Providence ? Quelles sont les logiques nouvelles contenues dans cette politique ? S’agit-il d’une rupture réelle d’un système basé sur la logique de qualifications vers un système basé sur une logique de compétences et de mérite ?

4- Quelles sont les logiques et les stratégies qui fondent les différentes trajectoires des trois C.S.P. Est-ce que les trajectoires professionnelles des salariés sont le produit des capacités personnelles et des performances ou bien à la nouvelle politique de gestion des carrières propre à l’entreprise qui veut instaurer l’égalité des chances et du mérite ou enfin aux différentes conjonctures externes à l’entreprise ?

Est-ce que cette nouvelle politique organisationnelle joue un rôle d’insertion et d’intégration professionnelle et sociale ou au contraire est-elle source de conflit et de tensions sociales au sein de l’entreprise ?

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