Approche sur les rapports au travail aujourd’hui

Type de projet : Projets d'établissement (PE)
Thématique : Jeunesse et inclusion sociale : emploi, formation et loisir
Mots-clés : Chômage Citoyenneté Emploi Intégration Jeune Local Politiques publiques de l’emploi Significations sociales du chômage Veuves

Problématique

Une série d’enquêtes de terrain menées par certaines équipes de recherche du Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle révèle la diversité et les transformations des relations avec le "travail", le "poste de travail" et la "place du travail dans les contextes sociaux et individuels", ainsi que l’importance croissante du "plein emploi". Cette importance ne reflète pas seulement la continuité de la problématique soulevée par Abdelmalek Sayad et Pierre Bourdieu dans leur ouvrage Le déracinement, liée notamment à la "découverte du travail", mais elle montre également que les changements dans la structure de la main-d’œuvre en Algérie, surtout après la fin de l’application des politiques d’ajustement structurel (1994-1998), maintiennent la question du travail au cœur de la question sociale, selon Robert Castel.

Ce projet part d’une interrogation visant à étudier la relation au travail à travers l’analyse de la diversité des formes de travail et des positions sociales qui y sont associées (de la situation de chômage aux situations d’emploi), en examinant les discours, les pratiques et les représentations liées au "travail", dans le but de contribuer à construire une compréhension de "ce que signifie le travail pour les Algériens aujourd’hui".

Si la vulnérabilité sociale est fortement liée au type de travail exercé par l’individu, les positions professionnelles au sein d’un système de travail fragmenté révèlent des inégalités sociales entre ceux qui parviennent à accéder au "travail standardisé" (poste garantissant un salaire stable, une protection sociale et une place sociale) et ceux dont les conditions sociales ne le permettent pas. Selon Robert Castel, la relation entre la position de l’individu dans la division sociale du travail et sa participation aux réseaux de socialisation et de protection sociale montre que les situations sociales occupées par les individus dans le système de travail fragmenté ne peuvent être pleinement capturées par des approches statistiques, qui ne permettent pas non plus d’éclairer les relations avec le "lieu de travail", le "temps de travail", la "valeur sociale du travail" ou le "contenu du travail". Ces différences structurelles peuvent traduire des inégalités professionnelles et sociales liées à l’inégalité des chances dans l’accès au travail standardisé.

Cette étude considère que la diversité des relations sociales au travail et la multiplicité des significations sociales du travail, dans le contexte de l’importance croissante du plein emploi et de la perception du travail salarié public comme "condition idéale du travail", nécessitent d’analyser les relations avec le travail comme un moyen d’examiner le rôle de l’État social, qui doit "fournir et maintenir le plein emploi". Les représentations des jeunes, qui continuent de considérer le travail salarié public comme la seule condition de travail, prolongent les politiques publiques antérieures qui affirmaient que l’État devait garantir le plein emploi.

La question de la relation au travail n’est pas uniquement locale : elle caractérise de nombreuses sociétés industrielles confrontées à des crises du mode de production et rouvrant le débat sur le travail. Comme le souligne Meda :« L’État social a réussi à proposer une alternative au socialisme utopique, en garantissant une vie meilleure aux travailleurs en échange de leur effort, et en assurant le plein emploi… Le travail est un travail rémunéré qui ne représente pas seulement le salaire monétaire, mais constitue également un moyen d’accès à la formation, à la protection sociale et à la satisfaction des besoins. »

Cette problématique repose sur des approches qualitatives permettant de comprendre les significations sociales du travail à travers les trajectoires d’échantillons définis pour chaque axe de recherche. Ces approches peuvent contribuer à la discussion des résultats statistiques officiels supervisés par l’Office national des statistiques et peuvent être utilisées pour analyser les relations avec différentes situations familiales et les parcours de construction de la citoyenneté.

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