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Le Mouvement associatif en Algérie : réalité et perspective

Le Mouvement associatif en Algérie : réalité et perspective

Année : 2005 isbn : 1112-3451

contributors

Coordonné par : Zoubir AROUS

abstract

La question des organisations associatives en Algérie est à la fois complexe et délicate. Leur extension dans le passé et leur densité actuelle soulèvent de nombreuses interrogations : sommes-nous face à un phénomène d’expansion organisationnelle de la société au sens large, ou bien à une situation conjoncturelle qui finira par se structurer avec le temps et prendre sa véritable dimension ? L’observateur de la dynamique de ces organisations constate que le cas algérien présente des spécificités qui le distinguent d’autres sociétés. Cette étude tente de les mettre en évidence, en suivant l’évolution de ce phénomène dans le passé et le présent, tout en soulignant les points de divergence et de convergence, notamment sur les plans conceptuel, organisationnel et des rôles attendus à court terme. L’étude a abouti à plusieurs conclusions, dont les principales sont : – Au niveau des droits de l’homme : L’étude met en lumière certaines insuffisances et souligne la nécessité de libérer ces organisations des pressions politiques, souvent exercées sous forme de pratiques bureaucratiques. Elle recommande de renforcer leur efficacité, de réformer les cadres juridiques qui les régissent, de dépasser la logique administrative et de faciliter l’accès aux financements en dehors des seules cotisations des membres. En effet, cette limitation réduit leurs capacités d’action, notamment pour celles actives dans les domaines des droits économiques et sociaux et de la liberté d’expression. Il est également nécessaire de dissocier les associations de défense des droits humains des organisations partisanes. – Au niveau du genre : Les organisations actives dans ce domaine reflètent une certaine négligence sociale liée aux transformations économiques rapides. Leur création a souvent été marquée par une élite qui a également monopolisé leur direction, ce qui a eu un impact négatif sur leur présence dans la société. Cette élitisation a permis à certaines organisations d’accéder à des financements internes et externes au détriment d’autres, restées dépendantes de ressources limitées, conduisant parfois à leur disparition, notamment celles œuvrant auprès des catégories les plus vulnérables aux niveaux local et national. – Au niveau des organisations caritatives « religieuses » : Ce type d’organisation s’inscrit dans une tradition de solidarité profondément ancrée dans l’histoire sociale algérienne. Il a connu des formes particulières d’engagement politique et social dans le passé. Toutefois, les formes contemporaines diffèrent des structures traditionnelles, notamment en raison de certaines orientations politiques qui les ont influencées et parfois détournées de leurs missions légales initiales. – Au niveau des organisations de jeunesse : On observe que la majorité de ces organisations présentent des objectifs et programmes très similaires. Beaucoup de leurs dirigeants ont été actifs dans des structures associatives du système de parti unique avant 1989, ce qui a influencé leur vision du rôle de ces organisations dans la construction de la société civile. Un autre constat notable est la difficulté de leurs responsables à évaluer correctement les coûts des projets financés. Par ailleurs, certaines organisations créées par l’administration pour encourager l’engagement des jeunes se sont progressivement transformées en instruments officiels dissimulés sous couvert associatif. – De manière générale : Le secteur associatif souffre d’un manque de ressources matérielles et humaines, ce qui a entraîné un recul de l’engagement bénévole. À cela s’ajoute l’absence de gestionnaires permanents, limitant l’accumulation d’expérience au sein des organisations. La gestion interne reste souvent concentrée entre les mains des fondateurs, voire uniquement du président. Malgré ces difficultés, le tissu associatif en Algérie représente un potentiel organisationnel important, tant en nombre qu’en ressources humaines et matérielles. Il peut évoluer, se structurer et contribuer aux stratégies de développement humain, à condition que les conditions adéquates soient réunies et qu’il soit envisagé dans une perspective stratégique visant à transformer ces organisations d’entités circonstancielles en acteurs pleinement intégrés à la dynamique globale de la société et à ses enjeux majeurs.