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Premier colloque international : La montagne comme objet de recherche, entre symbolique et approches de terrain
Appel Appel à communications 30/08/2026

République Algérienne Démocratique et Populaire

Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique

Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle CRASC Oran

Premier colloque international

La montagne comme objet de recherche, entre symbolique et approches de terrain

CRASC Oran, les 1er et 02 décembre 2026

Argumentaire :

La montagne en tant qu'objet scientifique n'est pas un phénomène récent ; depuis des décennies, elle constitue un champ de recherche universitaire multidisciplinaire des plus riches. Au cours des dernières décennies du vingtième siècle, l'étude des relations entre les humains et les régions montagneuses a connu un développement significatif, notamment en ce qui concerne l'interaction entre les activités socio-économiques et l'environnement naturel. Durant cette période, un intérêt particulier est apparu pour l'impact du tourisme sur les environnements montagnards, en particulier dans les Alpes autrichiennes et suisses, où des modèles d'analyse avancés tels que les Systèmes d'Information Géographique (SIG) ont été employés. Ces modèles ont par la suite été adoptés dans des études appliquées à d'autres régions montagneuses, comme la Chine et le Kenya. L'orientation de la recherche a ensuite évolué pour inclure la relation entre les communautés montagnardes et leur environnement, en se concentrant sur les thèmes de l'adaptation, de la durabilité et de l'identité.

L'intérêt académique pour la montagne ne s'est pas arrêté là mais s'est poursuivi jusqu'à la fin des années 1980 avec la publication de l'ouvrage The Himalayan Dilemma: Reconciling Development and Conservation par Ives et Messerli. Dans ce livre, les auteurs soulignaient le déclin de l'environnement himalayen, la dégradation de son couvert forestier et la diminution de ses ressources en eau.

Suite à cette période, le champ des études montagnardes s'est élargi pour inclure la création de centres de recherche tels que le Mountain Research Center à l'Université du Montana aux États-Unis, parallèlement à l'émergence de plusieurs revues spécialisées comme la Revue de Géographie Alpine. Parallèlement, de nombreux programmes médiatiques (audio, visuels et numériques), comme ceux de National Geographic, ont accordé une place significative aux montagnes.

Par la suite, la recherche sur la montagne a continué de se développer, et l'intérêt mondial pour les zones montagneuses a grandi au sein des organisations et institutions internationales telles que l'UNESCO, l'ONU, la FAO et Greenpeace. Les montagnes sont devenues un point focal important, faisant l'objet d'un chapitre dédié dans le rapport du Sommet de la Terre tenu à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992. De plus, l'année 2002 a été désignée Année internationale de la montagne.

Cet intérêt grandissant pour les montagnes, en termes d'ampleur, de volume et de domaines, a suscité un engagement d'un nouveau genre de la part de disciplines scientifiques qui se considéraient jusque-là peu concernées par le sujet.Avec la diversification des approches et des perspectives, la montagne s’est imposée comme un objet d’étude global, à la croisée des enjeux humains, sociaux, environnementaux, anthropologiques, politiques, juridiques et économiques.

Les études consacrées à la montagne en Algérie ne se sont pas développées en vase clos, mais se sont inscrites dans une dynamique scientifique plus large. De nombreux chercheurs se sont intéressés à la montagne en tant qu’objet d’étude, et plusieurs articles ont abordé cette thématique dans sa globalité en contexte algérien. À titre d’exemple, la revue Insaniyat, dans son numéro 53, a publié un article de Marc Côté qui a proposé une vision d’ensemble de la montagne en Algérie, en posant notamment les fondements théoriques du concept de « montagnité » (Marc Côté, 2015).

Le chercheur en toponymie, par exemple,trouve dans l’espace montagnard un répertoire riche de dénominations aux significations variées, traduisant l’interaction constante entre l’homme et son milieu naturel. De même, la montagne constitue un terrain d’investigation fécond pour les naturalistes, les environnementalistes, les géologues et les géographes, en raison de la diversité des données physiques et écologiques qu’elle offre. Les historiens et les archéologues y découvrent également un registre abondant de traces et de témoignages reflétant la vie des sociétés anciennes et contemporaines : les roches et massifs montagneux ayant souvent servi de support aux gravures, inscriptions et expressions symboliques, jouant ainsi un rôle essentiel dans la préservation de la mémoire et de l’identité humaine (A. Taïche, 2015).

Il en va de même pour la relation entre la montagne et la dimension religieuse ou divine. Diverses religions et leurs textes sacrés ont évoqué la montagne, la considérant comme une création divine dotée d’un statut particulier. Selon certains textes, la montagne serait la deuxième création de Dieu, investie de nombreuses fonctions et miracles (Bernbaum, 1998). Elle est un lieu de révélation et de descente divine, comme dans l’histoire de Moïse sur le mont Sinaï, et un espace où s’accomplit l’un des rites du pèlerinage (Arafat), ce qui en fait un lieu de sacralité et de symbolisme religieux (A. Kidar, 2022). Cependant, la montagne n’est pas dépourvue de références au profane : de nombreux mythes et légendes ont été tissés autour d’elle dans diverses cultures, reflétant ainsi la dualité symbolique de la montagne entre le sacré et le terrifiant, entre l’inspirant et l’épuisant.

D’un point de vue anthropologique et sociologique, la montagne constitue un champ d’investigation privilégié, offrant de nombreuses perspectives d’analyse. Elle permet l’étude de la culture, du patrimoine et de l’identité des populations montagnardes, à travers leurs coutumes, traditions, normes sociales, modes d’habitat, formes de subsistance quotidienne, pratiques de mobilité, dynamiques migratoires, ainsi que leurs processus d’intégration sociale ou, à l’inverse, les mécanismes de marginalisation et d’exclusion. Ces approches contribuent à une compréhension approfondie de la relation entre l’homme et l’espace montagnard, conçu à la fois comme lieu de vie, symbole et vecteur d’appartenance.

D'autre part, la littérature, dans ses différents genres, propose une représentation importante de la montagne. De nombreux récits et romans ont été tissés (Tahar Ouettar, 1974), des mémoires et des récits de voyage autour des montagnes ont été consignés. De même, les vers poétiques n’ont pas été avares, et l’inspiration des poètes n’a pas manqué de décrire les montagnes en termes de longévité, de hauteur, de beauté, de rudesse, de solidité, entre autres qualités (Mouloud Feraoun, 1950).

La montagne constitue également un théâtre fertile pour les études artistiques. À travers les arts de la sculpture, de la peinture, des gravures rupestres et autres, les premiers humains ont immortalisé leur mémoire et leur identité. Ces œuvres sont ainsi restées des landmarks et des documents archéologiques majeurs, témoignant de nombreuses facettes de leurs conditions de vie et reflétant un aspect important de leur civilisation, de leur existence et de leur quotidien (Hachid, 1998 ; Lhote, 1958 ; Slimani, 2006).

Sur le plan de la psychologie, la montagne a également suscité l’intérêt des psychologues, devenant ainsi un sujet propice à la discussion psychologique concernant la relation de l'individu à la montagne et les répercussions de celle-ci sur la sensation, l'émotion et autres dimensions affectives.

Enfin, d'un point de vue politique et juridique, les montagnes ont également formé un objet de recherche et d'étude. De nombreuses montagnes, en particulier celles occupant des positions stratégiques, ont été et restent le théâtre de conflits et de rivalités entre États (Debarbieux & Rudaz, 2015). De nombreux accords et traités ont été conclus les concernant, faisant de la montagne un champ à la fois fertile et essentiel pour la recherche sur les dimensions géopolitiques, juridiques et relatives aux droits (Rudaz, G., 2009).

Sur le plan économique, la montagne constitue une étape cruciale des débats sur les voies du développement montagnard, les moyens d'existence des populations et leurs activités génératrices de revenus, telles que l'artisanat, les métiers, l'agriculture, l'élevage, entre autres. L'intérêt pour le tourisme montagnard et l'industrie touristique qui lui est associée s'est également accru, compte tenu de leur impact économique et social sur les communautés montagnardes (Mutana, S., & Mukwada, G., 2018).

Enfin, le sport et les athlètes bénéficient également d'un intérêt particulier pour la montagne, qui offre un espace idéal pour de nombreuses activités sportives telles que l'escalade, le ski, la randonnée et les courses en altitude (Ebert & Robertson, 2007). Ainsi, ces acteurs partagent avec les chercheurs d'autres disciplines et approches un intérêt commun pour la montagne en tant que domaine, objet d'étude, empreinte humaine aux dimensions spirituelles, sacrées et mythiques. Elle est restée et restera présente dans la vie des sociétés anciennes et contemporaines, constituant un sujet perpétuel de recherche et d'étude pour les experts, chercheurs, explorateurs et passionnés.

Sous l'angle médical, la montagne représente un espace propice au traitement, au repos psychologique et à la convalescence (Iberraken, F., 2011).

De manière générale, ce colloque aspire à rassembler divers chercheurs issus de multiples disciplines et approches pour analyser et décortiquer la problématique de la montagne. Malgré les frontières épistémologiques entre ces différentes spécialités, la montagne demeure un champ important de mise en réseau et d’intersection entre ces sciences, approches et points de vue variés. Ainsi, l’étude de la montagne nous offre la possibilité d’une approche interdisciplinaire, transcendant les clivages académiques traditionnels.

À travers ce colloque international, nous visons également à élargir les horizons de coopération en établissant des relations plus vastes, tant géographiquement que thématiquement, grâce à la conclusion d’accords de collaboration avec des centres internationaux spécialisés dans les études montagnardes. Nous veillerons à concrétiser ces partenariats en lançant des projets de recherche spécifiques dédiés à cette thématique.

Axes du colloque

Axe 1 : La toponymie montagnarde

Noms de montagnes : signification et symbolique

Axe 2 : La dimension naturelle (écologique) et géographique des montagnes

Géologie montagnarde

Biologie montagnarde

Montagnes et environnement

Montagnes et géographie

Axe 3 : La dimension religieuse des montagnes

Montagnes et religion

Montagnes et miracles divins

Montagnes et mysticisme

La montagne entre le sacré et le profane

Axe 4 : La montagne dans l'histoire et l'archéologie

La montagne dans l'histoire locale, nationale et universelle

Archéologie montagnarde

Axe 5 : La montagne en anthropologie et en études littéraires

Montagnes, mythes et légendes

Coutumes et traditions montagnardes

Culture et patrimoine montagnards

Montagnes, habitat et subsistance (grottes, greniers collectifs)

La montagne dans la littérature : genres, récits et poésie

La montagne et les arts (sculpture, peinture...)

Axe 6 : La sociologie de la montagne

Sociétés montagnardes

Habitants des montagnes : culture et identité

Habitants des montagnes : mobilité et migration

Habitants des montagnes : entre intégration et marginalisation

Axe 7 : La psychologie de la montagne

L'individu et la montagne

Axe 8 : La montagne en géopolitique et en droit

La montagne, domaine stratégique et politique

Conflits et litiges internationaux de frontières autour des montagnes

Lois, chartes et traités concernant les montagnes contestées

Axe 9 : La montagne et l'économie

L'économie des habitants des montagnes

Montagnes et développement

Tourisme de montagne

Axe 10 : La montagne et le sport

Conditions de participation

  1. La recherche doit s’inscrire dans l’un des axes du colloque.
  2. Elle doit être originale et ne pas avoir fait l’objet d’une publication antérieure, ni avoir été présentée dans une autre manifestation scientifique (colloque, séminaire, journée d’étude, etc.).
  3. Le texte complet ne doit pas dépasser 20 pages (format A4), annexes et références comprises.
  4. Les citations doivent respecter les normes de style APA. Elles apparaissent immédiatement après la citation, la référence ou l’allusion, entre parenthèses (Nom de l’auteur, initiale du prénom. Année de publication : numéro de page). Exemple : (Geertz, C. 2002 : 56).
  5. Toutes les sources et références utilisées doivent être présentées à la fin du texte selon un format académique rigoureux.
  6. Le texte doit être saisi en police Traditional Arabic, taille 16 pour le corps du texte arabe et taille 12 pour les notes de bas de page en arabe. Pour le français, utiliser la police Times New Roman, taille 14 pour le corps du texte et taille 10 pour les notes de bas de page.
  7. Langues du colloque : arabe, français, anglais.

Dates importantes

  1. Annonce du colloque : 20 juin 2026
  2. Date limite d’envoi des résumés et des CV : 30 août 2026
  3. Notification d’acceptation des résumés : 10 septembre 2026
  4. Date limite de soumission des textes complets : 10 octobre 2026
  5. Dates du colloque international : 1er et 02 décembre 2026

Mail de contact : montagne@crasc.dz

Notes

  • La participation ne sera confirmée qu’après la réception du texte complet.
  • Les communications retenues feront l’objet d’une publication dans des ouvrages collectifs dotés d’identifiants internationaux (ISBN / ISSN).

Les frais de participation 

A la charge des participants :

  • Locaux : 6 000 DA (frais d’inscription, repas du midi et pauses café) 
  • Nationaux : 25 000 DA (inscription, repas du midi, pauses, hébergement) 
  • Internationaux : 200 € (inscription, repas du midi, pauses, hébergement).

Hormis les navettes locales, les frais de transport, sont à la charge des participants.

Président du colloque

  • Pr. Ammar Manaa, Directeur du Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC), Oran (Algérie).

Comité scientifique

  • PrEl Hadi Bououchma, Université de Tamanrasset, Algérie.
  • Directeur de recherche Bachiri Hamza, Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC), Oran, Algérie.
  • PrSaleh Zeraib, Université de Batna 1, Algérie.
  • PrBachir Lamouri, Université de Biskra / Institut de Géologie, Université de Batna 1, Algérie.
  • Directrice de recherche Sara Hedia, Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC), Oran, Algérie.
  • Directrice de rechercheSaliha Senouci, Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC), Oran, Algérie.
  • PrFarid Marhoum, Université Abou Bakr Belkaid de Tlemcen, Algérie.
  • PrTaoufik Belhareth, Association Tunisienne des Études Urbaines, Tunisie.
  • PrKarim Kateb, Université de la Formation Continue, Oran, Algérie.
  • PrJuan Ignacio Robles Picón, Université Autonome de Madrid (UAM), Espagne.
  • PrTarik Ghodbani, Institut de Géographie et des Sciences de la Terre, Université Mohamed Ben Ahmed d'Oran, Algérie.
  • PrDjamel Arfar, Institut de Sociologie, Université de Mascara, Algérie.
  • PrMaha Messaoudene, École Supérieure d'Architecture, Algérie.
  • PrAl Khidr Abdul Baqi Mohammed, Directeur du Centre Nigérian de Recherche en Arabe, Nigeria.
  • DrHayette Nemouchi, Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle (CRASC), Algérie.
  • PrZendri Abdel Nabi, Université de Tamanrasset, Algérie.
  • PrSiham Cherif, Université d'Alger 2, Algérie.
  • PrIssad Faiza Zerhouni, Université Abdelhamid Ibn Badis de Mostaganem, Algérie.
  • PrKedida Mohammed Mebarek, Université de Tamanrasset, Algérie.
  • PrThyakka El Siddek, Université de Tamanrasset, Algérie.
  • PrNwacer Abdel Rahman, Université de Tamanrasset, Algérie.
  • PrHinnouni Ramadan, Université de Tamanrasset, Algérie.
  • PrHeggari Mohamed, Université de Tamanrasset, Algérie.
  • PrMazin Marsool Muhammad, Université Al-Mustansiriya, Irak.
  • PrAfrah Jassim Mohammed, Université de Bagdad, Irak.
  • PrAkeel Almarai, Université de Sienne, Italie.
  • PrAlessandra Persichetti, Université de Sienne, Italie.
  • PrBadrane BenLahcen, Centre Ibn Khaldoun des Sciences Humaines et Sociales, Université du Qatar, Qatar.
  • PrMohamed Jouili, Université de Tunis, Tunisie.
  • PrShafika Waeil, Université de Nizwa, Oman.
  • Dr Masouda Ben Masoud, Université de Tamanrasset, Algérie.
  • DrAbdullah Abdi Ahmed El-Fateh, Centre Somalien de Recherche et d'Études Politiques, Somalie.
  • DrMoussa Tababi, Institut Supérieur des Sciences Humaines, Université de La Manouba, Tunisie.
  • DrAhmed Mohamed El-Amine Andari, Université des Sciences Islamiques, Mauritanie.

Comité d’organisation

Hamza Bachiri, Nassima Teriki, Sabrina Badra Fahas, Sid Ahmed Djoudi, Abdelouahab Bourguig, Amine Youcef Sebaa, Amel Ait Said, Nesma Amarchouh, Dris Laala, Besma Dinaoui, Hamid Abed, Ilyes Bakir. 

Mail de contact : montagne@crasc.dz