Recherche ecosanté et rapport de la population de Aïn Skhouna à la santé environnementale

Du 01/01/2013

Au 31/12/2015

Chef de projet : HOUTI Leila

Membres de l’équipe :

ALLAL IKHLEF Amina

TABET AOUEL Faïza

HAMEDI Malika

MAKHLOUF Baghdad

BELGAT Saci

RAHOU Yamina

 Problématique

Au cours de ces cinquante dernières années, les politiques agraires successives, l’importante croissance démographique, l’urbanisation mal contrôlée ainsi que les sécheresses récurrentes, ont abouti en Algérie à une gestion inadéquate de l’eau et de l’environnement *1, 2,3+. Dans ce contexte, et à la faveur du changement climatique, les maladies vectorielles ont subi une propagation importante depuis les années 80, dans la frange nord saharienne [4, 5,6].

Dans ce cadre, un projet de coopération CRASC-CRDI (projet n°105738-001) s’est intéressé au cas de la leishmaniose cutanée maladie vectorielle de nature épidémique particulièrement extensive, pour développer une méthodologie écosanté, s’appuyant sur la transdisciplinarité, l’approche genre et l’approche participative. L’écosanté vise à comprendre le contexte social et écologique de la santé et du bien-être humains afin de trouver des solutions locales durables [7,8].

Dans ce contexte, le projet couvre le foyer leishmanien de Ain Skhouna (wilaya de Saïda), une petite commune rurale (7 129 habitants en 2009) située au Nord du Sahara dans la zone humide du Chott Ech Chergui, emboitée dans la steppe, à climat semi-aride à dominante agropastorale (ovins) et économiquement peu développée.

Le but de la recherche était de contribuer à améliorer la santé de la population vulnérable en favorisant la prise de conscience générale face aux risques d’une mauvaise gestion de l’environnement sur la santé, en impliquant davantage les acteurs locaux selon une démarche écosanté.

Dans ce contexte, le projet s’est appuyé sur une étude approfondie de la leishmaniose cutanée dans son écosystème naturel et social, en rapport avec les changements de l’écosystème. Il s’est proposé de renforcer les capacités des acteurs (chercheurs, pouvoirs publics, professionnels et population) pour réduire la vulnérabilité des populations et l’adaptation aux conditions environnementales pour une meilleure gestion du risque.

Les études de terrain ont confirmé la forme Major de la maladie, transmise par les gerbilles suite au rétrécissement de la zone humide par pompage anarchique de l’eau *9+. Au démarrage de la recherche, la maladie était mal connue par les populations, et sa prévention basée sur la pulvérisation cyclique d’insecticides.

Les nouvelles connaissances produites par les études de terrain ont été communiquées et validées avec les acteurs locaux avec qui des interventions spécifiques de protection de l’écosystème naturel ont été dégagées. Un programme de promotion de la santé a été mis en place avec les populations, ainsi qu’une large communication en direction du public, des décideurs et des professionnels. Un système de veille de la leishmaniose cutanée centré sur la surveillance du vecteur, du réservoir et du climat est actuellement en cours de recueil des données et de mise en place.

Au regard du contexte socioculturel spécifique, l’approche écosanté a favorisé la prise de conscience générale et l’implication des communautés locales pour réduire leur vulnérabilité. Ainsi, si une bonne connaissance du problème de santé et la capacité d’intervenir sur ses déterminants existent, plusieurs éléments contribuent aux résultats d’un projet Ecosanté, notamment la conscience collective et la volonté des pouvoirs publics

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